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Portrait de Baccio Bandinelli

✦ Illustre ✦

Baccio Bandinelli

v.1493–1560·sculpteur

Contributions & œuvres

Fils d'un orfèvre florentin au service des Médicis, Bartolommeo dit Baccio Bandinelli se forme dans l'atelier paternel puis auprès du sculpteur Giovan Francesco Rustici, ami de Léonard. Devenu le sculpteur officiel de la cour médicéenne, il signe quelques-unes des commandes les plus visibles de Florence. Sa copie du Laocoon antique, exécutée pour Léon X et conservée aux Offices, passa pour égaler l'original. Sur la Piazza della Signoria, son colossal Hercule et Cacus (1525-1534) répond au David de Michel-Ange. Il sculpte les tombeaux des papes médicéens Léon X et Clément VII à Rome, le monument à Giovanni delle Bande Nere, un Orphée pour le palais Médicis, et surtout les reliefs de marbre du chœur (coro) de la cathédrale de Florence, chantier de toute une fin de vie. Dessinateur hors pair, il fonde une académie de dessin et grave son savoir dans d'innombrables feuilles, sa part la plus incontestée.

Anecdote mémorable

Sa rivalité avec Michel-Ange tourna parfois à la rage destructrice. Vasari rapporte qu'il mit en pièces le carton de la Bataille de Cascina, chef-d'œuvre perdu de Michel-Ange que les jeunes artistes venaient copier comme une école. Et lorsque son Hercule et Cacus fut dévoilé face au David, Cellini l'accabla de sarcasmes devant le duc Cosme lui-même. Bandinelli passa ainsi pour l'homme que tout Florence aimait détester, jusque dans son autoportrait peint où il s'affiche, chaîne d'or au cou et croix de Saint-Jacques en évidence, non pas burin en main mais désignant un dessin, en artiste anobli et sûr de son génie.

Influences reçues

Formé par l'orfèvrerie paternelle puis par le sculpteur Rustici, ami de Léonard, il se mesure toute sa vie à Michel-Ange, dont l'ombre le fascine et le ronge au point de guider chacun de ses défis. L'antique est son autre maître : la copie du Laocoon commandée par Léon X et l'étude des marbres romains fondent son classicisme musclé et érudit.

Influences exercées

Son académie de dessin et sa pratique obsessionnelle du dessin anatomique marquent la formation des artistes florentins, parmi lesquels passèrent Giorgio Vasari et Francesco Salviati. Ses grands groupes publics imposent à Florence un modèle de sculpture monumentale au service de l'État médicéen, et ses très nombreux dessins, gravés et copiés, diffusent sa manière savante bien au-delà de son atelier, jusque dans l'Europe des amateurs d'estampes.

Importance historique

Bandinelli occupe une place singulière : artiste de premier rang par l'ambition et le dessin, il reste le grand rival malheureux de Michel-Ange. L'Hercule et Cacus, taillé dans un bloc colossal que Michel-Ange avait convoité, devait surpasser le David ; Benvenuto Cellini le railla publiquement, comparant ses muscles empâtés à un sac de melons, et la postérité a souvent retenu la moquerie plus que l'œuvre. Pourtant son importance est réelle. Comme dessinateur, il compte parmi les plus grands de son siècle : ses feuilles, recherchées de son vivant, sont aujourd'hui conservées dans les plus grands cabinets, et son académie de dessin, où l'on étudiait le nu et l'antique, annonce les institutions qui formeront les artistes à venir. Ses reliefs du chœur du Dôme de Florence, chantier qui l'occupa jusqu'à la fin, ses tombeaux des papes Médicis à Rome, sa copie du Laocoon ont imposé à la cour de Cosme Ier un classicisme sévère, savant, tout de métier et d'érudition. Anobli par Charles Quint, chevalier de l'ordre de Saint-Jacques, il fut aussi un courtisan habile, soucieux de rang et d'honneurs. Figure détestée de ses contemporains pour son caractère ombrageux, il est aujourd'hui réévalué : la rigueur de ses meilleures sculptures et la beauté de ses dessins prouvent un maître bien supérieur à sa réputation.

Œuvres (1)

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