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✦ Sculpture ✦

Les tombeaux princiers de la Stiftskirche de Tübingen

plusieurs sculpteurs de la fin du gothique et de la Renaissance souabe — notamment Christoph Jelin (tombeaux du duc Ludwig et de Dorothea Ursula, achevés en 1593) et Leonhard Baumhauer de Schwäbisch Gmünd (tombeau du duc Christoph) — ensemble à attribution plurielle

chœur devenu nécropole en 1550 ; tombeaux réalisés entre le milieu du XVe et le début du XVIIe s. (noyau Renaissance ~1550-1616)·grès et albâtre, dalles et tumbas à gisants et figures agenouillées, médaillons·Stiftskirche St. Georg (collégiale Saint-Georges), Tübingen, in situ — chœur

Devant l'œuvre

Expliquez qu'en 1550 le duc Ulrich fit du chœur, ancien auditorium de l'université, la nécropole de sa maison. Faites repérer les grandes figures : Eberhard im Bart, fondateur de l'université (tombeau de la fin du gothique) ; le duc Christoph, par Leonhard Baumhauer ; le duc Ludwig et Dorothea Ursula, par Christoph Jelin, achevés en 1593. Comptez les tombeaux — une quinzaine, pour les princes morts jusqu'à la fin du XVIe siècle. Distinguez les gisants anciens des priants plus récents.

Symbolisme & lecture iconographique

Transformer en 1550 l'ancien amphithéâtre de l'université en nécropole ducale n'est pas anodin : le duc Ulrich, qui vient d'imposer la Réforme, inscrit sa maison au cœur même du lieu du savoir. Les gisants et les priants disent une mort princière chrétienne et réformée : on y prie plus qu'on y triomphe. Les blasons et les figures en pied rappellent le rang, les alliances, le service de la dynastie.

Analyse des émotions

Pénétrer dans ce chœur, c'est entrer dans un silence peuplé. Les tombeaux serrés, les visages de pierre, les couleurs des blasons composent une assemblée immobile de princes. On ressent le poids d'une dynastie entière rassemblée en un seul lieu — une émotion de recueillement, presque familiale.

Secrets & mystères

Le chœur mêle des œuvres de plus d'un siècle et demi, de la fin du gothique à la Renaissance accomplie. On y lit l'évolution du goût : des gisants médiévaux aux figures agenouillées, plus intimes, de la fin du XVIe siècle. Le tombeau du duc Ludwig et celui de sa première épouse, Dorothea Ursula, furent commandés au même sculpteur, Christoph Jelin, pour former un couple symétrique dans la mort.

Le saviez-vous ?

Le sculpteur Christoph Jelin, né vers 1550 à Schwäbisch Gmünd, s'installa à Tübingen et y mourut en 1610. Il façonna plusieurs des plus beaux tombeaux du chœur, dont celui du duc Ludwig ; après la mort du duc, on lui commanda un monument jumeau pour sa première épouse, disparue dix ans plus tôt.

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