Devant l'œuvre
Observez l’échelle de l’ensemble : près de deux mètres de côté, pour une ville entière réduite à hauteur de regard. Cherchez l’enceinte et ses portes, puis suivez le tracé des rues : vous voyez Munich tel qu’on pouvait la parcourir vers 1570, avant les grands remaniements des siècles suivants. Songez que ce modèle n’a pas été fait pour le plaisir seul, mais pour qu’un prince embrasse d’un regard sa capitale, maison par maison.
Symbolisme & lecture iconographique
Tenir sa capitale en modèle réduit, c’est pour le prince affirmer sa maîtrise du territoire et son regard surplombant sur la cité. La maquette dit le lien nouveau, à la Renaissance, entre le pouvoir et la représentation exacte de l’espace : gouverner, c’est aussi connaître et mesurer.
Analyse des émotions
La maquette fascine par son double statut : objet d’art et machine à remonter le temps. On y reconnaît une ville disparue, celle d’avant les transformations baroques, et l’on éprouve le plaisir enfantin de survoler du regard des toits taillés un à un.
Secrets & mystères
L’échelle exacte du modèle varie selon les relevés et reste discutée, les sources la situant dans une fourchette d’environ un à six cent cinquante. Les restaurations successives ont pu modifier certains détails de surface.
Le saviez-vous ?
La maquette de Munich n’est pas isolée : Jakob Sandtner a réalisé pour le duc Albert V une série de modèles des cinq villes résidentielles de Bavière, entreprise sans équivalent connu à son époque.
