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✦ Sculpture ✦

Christ en croix de Veit Stoß

Veit Stoß

vers 1516-1520·Bois de tilleul sculpté (à l'origine polychromé)·Église Saint-Laurent (St. Lorenz), chœur, in situ

Devant l'œuvre

Faites observer le modelé des mains et des pieds percés, puis le drapé du pagne, exécuté avec cette liberté de plis qui est la signature de Stoß. Rappelez que Nuremberg conserva ce crucifix catholique après être passée à la Réforme en 1525 : ces grandes œuvres de dévotion furent respectées comme patrimoine de la cité.

Symbolisme & lecture iconographique

Le crucifix condense la théologie de la Rédemption : le corps mort du Christ, tête inclinée sur l'épaule droite, offre le sacrifice accompli. Le pagne noué et gonflé, les côtes saillantes et la plaie au flanc disent à la fois la souffrance humaine et la victoire sur la mort attendue du fidèle en prière.

Analyse des émotions

L'émotion naît de la retenue : pas de gesticulation, mais un abandon total du corps à la pesanteur. Le visage, détendu par la mort, apaise la violence du supplice. Le spectateur est saisi par la vérité physique d'un homme qui vient de mourir, non par un pathos théâtral.

Secrets & mystères

Les crucifix en bois de Veit Stoß ont tous été taillés un peu en dessous de la grandeur nature, à près de deux mètres ; cette échelle légèrement réduite, perçue en contre-plongée dans le chœur, accroît paradoxalement la présence de la figure. L'œuvre a été particulièrement admirée à l'époque baroque, où l'intensité dramatique de Stoß était recherchée.

Le saviez-vous ?

Veit Stoß portait précisément le nom du saint patron de l'église où tant de ses crucifix furent dressés — saint Laurent n'est pas en cause, mais le sculpteur multiplia à Nuremberg les figures du Crucifié : on en recense plusieurs encore conservées, à St. Lorenz, à St. Sebald et au Musée national germanique.

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