Devant l'œuvre
Observez d’abord la hauteur : le retable monte sur toute l’élévation du chœur, jusqu’au couronnement ajouré qui se découpe comme une dentelle de bois. Approchez pour voir le tilleul : les plis profonds, les chevelures en mèches, l’intensité des visages — c’est la manière de Leinberger. Gardez à l’esprit que cet autel est un art gothique tardif, contemporain de la Renaissance mais non italianisant, et qu’il a été en partie remanié au XVIIIe siècle : cherchez les coutures entre l’ancien et le refait.
Symbolisme & lecture iconographique
Comme tout grand retable d’autel, l’œuvre figure la cour céleste autour de la Vierge et des saints, offerte à la dévotion des fidèles. Le couronnement ajouré qui s’élève vers la voûte suggère l’ascension vers le divin ; le groupe de la Crucifixion rappelle le sacrifice au cœur de la liturgie célébrée devant l’autel.
Analyse des émotions
Dans la pénombre du chœur, le retable écrase par sa hauteur et retient par la vie de ses figures : visages graves, mains éloquentes, drapés qui semblent encore remuer. On éprouve le sentiment d’un art qui, à la veille des bouleversements de la Réforme, porte à son comble la piété sculptée du Moyen Âge finissant.
Secrets & mystères
Le partage précis entre la main de Leinberger et celle de son atelier reste discuté, comme souvent pour ces grands ensembles. Surtout, le remaniement mené à la fin du XVIIIe siècle par Christian Jorhan l’Ancien complique la lecture : il faut démêler le noyau du début du XVIe siècle des ajouts et déplacements postérieurs.
Le saviez-vous ?
Le retable passe pour l’un des plus grands retables sculptés conservés de Vieille-Bavière ; commandé en 1511 par le prévôt Theoderich Mair, il se dresse toujours à sa place d’origine, dans le chœur du Münster.
