La Renaissance aux Pays-Bas
Musées de la Renaissance néerlandaise
Aucun musée des Pays-Bas n'est consacré à la seule Renaissance : elle se cherche dans les salles d'avant Rembrandt du Rijksmuseum, au Lakenhal de Leyde devant le Jugement dernier de Lucas van Leyden, au Centraal Museum d'Utrecht chez les caravagesques, au Frans Hals Museum de Haarlem. HitsMap retient 17 musées et dit, pour chacun, ce qu'il garde de 1500-1635.
Les quatre grands conservatoires
Le Rijksmuseum d'Amsterdam déroule tout l'arc de l'art du Nord avant Rembrandt. On y voit la [Marie-Madeleine →]de Jan van Scorel (v. 1530), l'Italie arrivée en Hollande ; la[Danse autour du veau d'or →]de Lucas van Leyden ; le[Portrait d'un homme africain →]de Jan Mostaert, sans équivalent dans la peinture de la Renaissance ; les triptyques de Jacob Cornelisz. van Oostsanen, premier peintre d'Amsterdam ; les grands nus du[Massacre des Innocents →]de Cornelis van Haarlem (1590) et le[Loth et ses filles →]de Goltzius (1616) ; puis les caravagesques d'Utrecht — leJoyeux Ménétrierde Honthorst, l'Incrédulité de saint Thomasde ter Brugghen — et la sculpture : le*[buste de Vincent Coster →]* par Hendrick de Keyser (1608), l'un des premiers portraits sculptés d'un simple bourgeois, l'[Hercule Pomarius →] de Tetrode, l'autoportrait en terre cuite de Van der Schardt.
Le Museum De Lakenhal de Leyde, dans la halle aux draps de 1640, garde le [Jugement dernier →]de Lucas van Leyden (1526-1527), peint pour la Pieterskerk, retiré de l'église en 1578 et exposé à l'hôtel de ville jusqu'à son entrée au musée en 1874 ; autour, les deux triptyques de son maître Cornelis Engebrechtsz. — laDéploration(v. 1508) et laCrucifixion (v. 1515-1517), peints pour le couvent de Mariënpoel — et les débuts de Rembrandt.
Le Centraal Museum d'Utrecht détient la plus grande collection au monde de maîtres d'Utrecht : Scorel d'abord — le triptyque de l'[Entrée du Christ à Jérusalem →](v. 1526), les frises des*[pèlerins de Jérusalem →]*, premiers portraits de groupe du Nord, le portrait officiel du pape Adrien VI d'après son prototype —, les maniéristes Wtewael et Bloemaert, puis Honthorst, ter Brugghen et Baburen, revenus de Rome vers 1620 avec le clair-obscur du Caravage. Il conserve aussi ce qui reste de la [sculpture utrechtoise →] d'avant 1566, souvent retrouvée sous terre lors de fouilles.
Le Frans Hals Museum de Haarlem, installé dans un ancien hospice de vieillards, réunit la plus grande collection de Hals au monde — dont le [Banquet des officiers de Saint-Georges →]de 1616 — et les Haarlémois qui l'ont précédé : Scorel pendant ses années haarlémoises (le[Baptême du Christ →], Adam et Ève, les douze pèlerins de Jérusalem), le [Saint Luc peignant la Vierge →] de Heemskerck (1532), offert par le peintre à sa guilde, les milices de Cornelis van Haarlem (1583, 1599), les gravures de Goltzius.
Les musées d'une ville, d'une province, d'un moment
À Utrecht encore, le Museum Catharijneconvent rassemble l'art chrétien des deux Églises : l'Homme de douleursde Geertgen tot Sint Jans, le portrait de l'évêque*[Joris van Egmond →]* par Scorel, et des retables qui échappèrent à la Beeldenstorm. L'Amsterdam Museum aligne dans sa Schuttersgalerij une trentaine de portraits de gardes civiques des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles et montre le plan peint d'Amsterdam par Cornelis Anthonisz. (1538). Le Mauritshuis de La Haye, palais de Johan Maurits bâti de 1633 à 1644, ouvre le Siècle d'or avec la [Leçon d'anatomie du Dr Tulp →](1632) et le bouquet de Bosschaert (1620). Le Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, dont la collection se découvre dans le Depot, garde deux panneaux de*[Bosch →], la Tour de Babelde Bruegel, l'Écolierde Scorel (1531) et laJoyeuse compagnie* de Buytewech.
Le Museum Prinsenhof de Delft occupe le couvent Sainte-Agathe où Guillaume d'Orange fut abattu le 10 juillet 1584 : les impacts des balles sont conservés dans l'escalier. Le Stedelijk Museum Alkmaar garde deux portraits de Heemskerck (v. 1540) et trois tableaux du siège de 1573 ; le Westfries Museum de Hoorn, dans le Statencollege de 1632, les milices de Jan Rotius et le portrait de Jan Pieterszoon Coen ; le Fries Museum de Leeuwarden, la plus grande collection d'Adriaen van Cronenburg et les portraits d'apparat de Wybrand de Geest ; le Groninger Museum, un portrait de famille du cercle de Scorel ; le Dordrechts Museum, les portraits de Jacob Gerritsz Cuyp. Le Teylers Museum de Haarlem (1778), le plus ancien du pays, montre par roulement des dessins de Michel-Ange, de Raphaël et de Goltzius. Le Rembrandthuis, maison de 1606-1607 sur la Jodenbreestraat, expose les premières eaux-fortes du maître et son cabinet de curiosités ; Het Scheepvaartmuseum garde une carte du monde de Ptolémée de 1482, un portulan de 1515, et raconte la naissance de la VOC (1602).
Ce qu'il faut regarder
- Le portrait de groupe, des pèlerins de Scorel (Utrecht, Haarlem) aux milices de Cornelis van Haarlem et de Hals, jusqu'à la Schuttersgalerij d'Amsterdam : un siècle de visages réels alignés, avant la Ronde de nuit.
- Les rescapés de 1566 : au Catharijneconvent et au Centraal Museum, chaque retable, chaque fragment sculpté a survécu à la fureur iconoclaste — c'est ce qui manque ailleurs qu'il faut y voir.
- L'Italie rapportée : le voyage de Rome se lit chez Scorel, Heemskerck, Tetrode, puis chez les caravagesques.
- Le seuil : Rembrandt à vingt ans (Lakenhal, Rembrandthuis, Mauritshuis) ferme la période.
Pour aller plus loin
Comprendre ce qui manque dans ces salles : La Beeldenstorm de 1566 ; suivre les peintres : Peindre avant le Siècle d'or. Villes à parcourir : Amsterdam, Utrecht, Leyde, Haarlem. Les autres entrées de l'atlas : Châteaux et demeures, Églises, Monuments civils, Peintures, Sculptures, Illustres, Jardins — et le tronc : La Renaissance aux Pays-Bas.
