HitsMap
Saint-Barnabé guérissant les malades, Paolo Caliari dit Véronèse

✦ Peinture ✦

Saint-Barnabé guérissant les malades

Paolo Caliari, dit Véronèse

Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

Véronèse est le grand décorateur de Venise au XVIe siècle — l'homme qui peint les fêtes, les banquets, les architectures fastueuses de la Sérénissime. Ce tableau monumental représente saint Barnabé guérissant les malades dans une architecture palladienne qui ressemble aux palais de la place Saint-Marc. La foule est diverse, les visages individualisés, les costumes vénitiens du XVIe siècle impeccablement restitués. C'est une scène biblique habillée en reportage contemporain — la technique caractéristique de Véronèse qui lui valut un procès devant l'Inquisition.

Symbolisme & lecture iconographique

Saint Barnabé est le compagnon de Paul dans les premiers voyages missionnaires du christianisme — il guérit les malades au nom du Christ, transmettant la puissance divine dans les corps humains. Dans un tableau de Véronèse, cette puissance divine s'exprime dans la beauté des corps et des vêtements — comme si la grâce divine se manifestait dans la beauté terrestre.

Analyse des émotions

Les grandes machines de Véronèse créent une émotion de jubilation coloristique — ces tableaux respirent la joie de la couleur et de la lumière. Même une scène de maladie et de guérison devient chez lui un spectacle de beauté. Le bleu vénitien, le rouge cramoisi, l'or des architectures — tout dit la puissance et la gloire de la Sérénissime.

Secrets & mystères

En 1573, Véronèse fut convoqué devant le tribunal de l'Inquisition vénitienne pour avoir représenté dans son grand tableau du Repas de la Maison de Levi (à la place d'une Cène) des 'bouffons, ivrognes, Allemands, nains et autres sottises'. Il se défendit en invoquant la liberté poétique des peintres : 'Je peins comme les poètes et les fous.' Il dut néanmoins modifier le titre du tableau. Saint Barnabé guérissant les malades, peint quelques années avant, est dans le même esprit : une scène sacrée peuplée de Vénitiens contemporains, avec leurs costumes, leurs visages, leurs attitudes sociales.

Le saviez-vous ?

Véronèse mourut en 1588 à Venise — la même année que Tintoret qui était son grand rival. Les deux peintres ne s'aimaient pas, se disputaient les commandes vénitiennes et travaillaient dans des styles radicalement différents : Véronèse, lumineux et festif ; Tintoret, dramatique et ténébreux. La Venise du XVIe siècle était grande enough pour les deux.

Sources

  1. 1.Musée des Beaux-Arts de Rouen
  2. 2.Web Gallery of Art

Le peintre

Paolo Caliari, dit Véronèse

Paolo Caliari, dit Véronèse

Vérone, 1528 – Venise, 1588

Peintre de la République de Venise, à la tête d'un grand atelier familial ; l'un des trois maîtres de la peinture vénitienne avec Titien et le Tintoret.

Rôle : peintre

Arrivé à Venise vers 1553, le jeune Paolo conquiert la ville en quelques années. Il embrase les plafonds de l'église San Sebastiano, fait monter au palais des Doges son « Apothéose de Venise », où la Sérénissime trône dans les nuées comme une déesse couronnée, puis s'en va peindre à fresque, aux côtés de l'architecte Palladio, les murs enchantés de la Villa Barbaro à Maser. Mais c'est dans le « banquet sacré » qu'il atteint le sublime : ses « Noces de Cana » (1563), aujourd'hui au Louvre, déploient sur près de soixante-dix mètres carrés cent trente convives sous des architectures de rêve — échansons, musiciens, princes et serviteurs réunis dans un éclat de fête qui n'a pas d'égal dans toute la peinture ; au premier plan, à la viole, la tradition veut que Véronèse se soit peint lui-même entre Titien et le Tintoret. La France garde, dispersés dans ses musées, d'autres éclats de cette splendeur : le « Persée délivrant Andromède » de Rennes, arraché à la gueule du monstre dans un tourbillon de nuées ; la « Bethsabée au bain » de Lyon ; la « Judith et Holopherne » de Caen ; le « Céphale et Procris » de Strasbourg ; le « Saint Barnabé guérissant les malades » de Rouen. Partout la même signature souveraine : des figures élégantes jusqu'au bout des doigts, des étoffes chatoyantes, une lumière qui ne connaît pas la nuit.

Origine : Vérone, alors dans la République de Venise

Voir la fiche complète du peintre →

À voir aussi