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Céphale et Procris

Peinture

Céphale et Procris

Paolo Caliari dit Véronèse (Vérone, 1528–Venise, 1588)

Devant l'œuvre

Véronèse représente ici un épisode tragique des Métamorphoses d'Ovide : Céphale, chasseur aimé par Aurore (l'Aurore), était lui-même amoureux de Procris. Jalouse, Aurore fit croire à Procris que Céphale la trompait. Procris se cacha dans les bois pour surveiller son mari — et Céphale, entendant du bruit, lança sa lance magique (qui ne manquait jamais son but) dans les buissons. Ce tableau représente la scène de la mort de Procris : Céphale découvre sa femme mourante, transpercée par sa propre lance, dans le plus cruel des malentendus.

Symbolisme & lecture iconographique

La jalousie qui cause la mort de l'être aimé est l'un des grands thèmes de la littérature et de la peinture occidentales — de Procris à Othello, du mythe grec à Shakespeare. Véronèse représente ce mécanisme tragique avec la précision d'un moraliste : c'est la jalousie (d'Aurore, puis de Procris) qui met en branle le mécanisme de la mort.

Analyse des émotions

Céphale qui tient dans ses bras Procris mourante dit la douleur de celui qui a tué par accident ce qu'il aimait le plus. Ce n'est pas une mort de guerre ou de sacrifice — c'est une mort de jalousie et d'erreur, la plus absurde et la plus douloureuse de toutes.

Secrets & mystères

Véronèse peignit ce tableau vers 1584 — dans la dernière décennie de sa vie — avec une gravité inhabituelle pour un peintre réputé festif. La mort de Procris par erreur, la douleur de Céphale qui comprend trop tard ce qu'il a fait — c'est l'une des scènes les plus poignantes des Métamorphoses d'Ovide. Véronèse, qui peignit des centaines de scènes de fête et de triomphe, dit ici quelque chose sur la tragédie de la jalousie et du malentendu.

Le saviez-vous ?

Véronèse peint Céphale et Procris dans un paysage du Véronèse tardif — plus sombre, plus boisé que ses grandes architectures festives. Ce paysage dit quelque chose sur l'évolution de sa vision vers la fin de sa carrière : moins de fêtes, plus de forêts, moins de marbre, plus d'obscurité.