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Portrait de Diane de Poitiers en Diane chasseresse, École de Fontainebleau (1re école)

✦ Peinture ✦

Portrait de Diane de Poitiers en Diane chasseresse

École de Fontainebleau (1re école), anonyme

Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

Trois clés. 1. Le calembour : Diane de Poitiers en Diane, déesse de la chasse — le nom fait le mythe. 2. Le croissant : montrez l'attribut lunaire, devise partagée avec Henri II. 3. Un type démultiplié : expliquez que la « Diane chasseresse » existe en de nombreuses versions de Fontainebleau. À emporter : « une maîtresse royale qui s'est peinte en déesse pour régner sans couronne. »

Histoire de l'art — Contexte & Singularité

Diane de Poitiers (1499–1566) est la maîtresse d'Henri II depuis 1538. Il a 19 ans, elle en a 39. Elle va régner sur lui vingt ans. Ce portrait est un chef-d'œuvre de propagande : Diane est peinte sous les traits de la déesse Diane, la chasseresse vierge romaine. Ce n'est pas un hasard — c'est son programme politique calculé.

Elle a fait sculpter son D entrelacé avec le H d'Henri sur tous les bâtiments royaux du royaume. Elle a décoré Anet avec des allégories de la Lune et de la chasse. Elle s'est fabriqué une identité mythologique complète.

Quand Henri II mourut en 1559, Catherine de Médicis reprit immédiatement tous les bijoux royaux que Diane portait. Et Diane, déchue en quelques heures après vingt ans de règne, se retira à Anet où elle mourut paisiblement sept ans plus tard.

Symbolisme & lecture iconographique

Le tableau joue sur un calembour devenu programme politique : Diane de Poitiers en Diane, déesse de la chasse. Arc, carquois, chien, nudité idéale, croissant de lune : tous les attributs de la déesse servent à diviniser la favorite d'Henri II. Le croissant n'est pas innocent — c'était la devise que Diane partageait avec le roi. En se faisant peindre en déesse chaste et souveraine, la maîtresse royale affiche un pouvoir qui se veut au-dessus des reines : intouchable, éternel, mythologique.

Analyse des émotions

La sensualité y est froide et hautaine. Le corps nu est parfait, lisse, sans chaleur ; la déesse regarde ailleurs, souveraine, inaccessible. On ne ressent pas le désir mais l'autorité — celle d'une femme qui a fait de sa beauté un instrument de règne. Élégance glacée, calculée, à l'image d'une favorite qui gouvernait le cœur d'un roi.

Secrets & mystères

Le tableau est anonyme, sorti de la première école de Fontainebleau, et l'identification à Diane de Poitiers tient au programme d'ensemble plus qu'à une inscription : la déesse-favorite fut peinte en tant de versions qu'on ne sait plus toujours qui est représentée. Le type de la « Diane chasseresse » s'est multiplié, décliné d'atelier en atelier — au point que Diane de Poitiers a réussi ce tour de force : imposer son image sous les traits d'une déesse, jusqu'à se confondre avec elle.

Le saviez-vous ?

Diane de Poitiers avait vingt ans de plus qu'Henri II et régna sur lui toute sa vie. Elle construisit son image autour de la déesse Diane — à Anet, dans la peinture, dans la sculpture — avec une constance de communicante avant l'heure. À la mort du roi en 1559, Catherine de Médicis, longtemps effacée, lui reprit aussitôt le château de Chenonceau : la déesse redevint mortelle.

Sources

  1. 1.Musée du Louvre
  2. 2.Web Gallery of Art

Le commanditaire

Diane de Poitiers

Diane de Poitiers

1499-1566

Noble / Favorite royale

« Probablement commandé par Diane de Poitiers elle-même »

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