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Dame au bain, François Clouet

✦ Peinture ✦

Dame au bain

François Clouet

v.1571·National Gallery of Art · Washington — États-Unis
Faire le puzzle de l'œuvre

Devant l'œuvre

Trois clés. 1. Lire les objets : le bain, l'enfant au sein, les fruits — beauté, fécondité, abondance. 2. L'identité incertaine : présentez les hypothèses (Diane de Poitiers, Marie Touchet) sans trancher. 3. Un type, pas qu'un portrait : reliez la « dame au bain » à la série des baigneuses de Fontainebleau (Gabrielle d'Estrées). À emporter : « une baigneuse dont on a perdu le nom, mais gardé tout le mystère. »

Histoire de l'art — Contexte & Singularité

  1. Qui est cette femme nue dans sa baignoire ? On a longtemps pensé à Diane de Poitiers (morte en 1566). Les historiens penchent aujourd'hui pour Marie Touchet, maîtresse de Charles IX, ou un portrait composite de la favorite royale idéale.

Ce qui distingue cette œuvre, c'est sa construction en deux espaces superposés comme une scène de théâtre : l'intimité du bain au premier plan, la vie domestique à l'arrière (nourrice, nourrisson, couturière). Les fleurs ont leur langage codé : rose blanche = amour pur, œillet rouge = passion charnelle.

Ce tableau aura une descendance extraordinaire : il inspirera directement les sept versions de Gabrielle d'Estrées, et à travers elles, tout un courant de la peinture galante française jusqu'au XVIIIe siècle.

Symbolisme & lecture iconographique

Une femme nue jusqu'à la taille, dans un bain tendu d'un linge blanc ; à l'arrière-plan, une nourrice donne le sein à un enfant, des fruits débordent d'une coupe. Rien n'est neutre : le bain, l'enfant nourri, les fruits composent une allégorie de la beauté et de la fécondité, un éloge voilé de la femme, de l'amour et de l'abondance. Le rideau écarté, la nudité offerte mais contenue relèvent du langage codé de la première école de Fontainebleau : l'érotisme y est toujours doublé d'un sens.

Analyse des émotions

L'effet est d'une sensualité froide. Le regard de la baigneuse est calme, presque absent ; la scène domestique — l'enfant, la servante — coexiste étrangement avec la nudité offerte. On ressent un trouble maîtrisé, une beauté qui se donne à voir sans se livrer. C'est le charme ambigu de Fontainebleau : le désir tenu à distance par l'élégance.

Secrets & mystères

Qui est-elle ? Le mystère n'est pas résolu. On a proposé Diane de Poitiers, Marie Touchet (maîtresse de Charles IX), ou une beauté idéale sans nom : la « dame au bain » est peut-être moins un portrait qu'un type, décliné en de nombreuses versions par l'atelier et l'école de Fontainebleau. Le tableau, aujourd'hui à la National Gallery de Washington, appartient à cette famille d'images de baigneuses dont la plus célèbre reste la « Gabrielle d'Estrées » du Louvre — même code, même énigme.

Le saviez-vous ?

La « dame au bain » a fait école : la première école de Fontainebleau a multiplié ces baigneuses au sein nu, entre portrait et allégorie, au point qu'on peine aujourd'hui à démêler les modèles réels des beautés idéales. Ce tableau de Clouet, passé outre-Atlantique, est l'un des maillons les plus raffinés de cette galerie de femmes énigmatiques.

Sources

  1. 1.Web Gallery of Art

Commanditaire

Commande privée de la cour royale française

Le peintre

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