Gaston Fébus, le célèbre comte de Foix au XIVe siècle, a écrit un traité de chasse qui reste un chef-d'œuvre de l'enluminure médiévale, conservé à la Bibliothèque nationale de France.
À voir
Juché sur un éperon rocheux au-dessus de la ville, le château de Foix dresse ses trois tours au cœur de l'Ariège. Siège des puissants comtes de Foix, lié à la figure de Gaston Fébus comme à celle d'Henri IV, dernier comte avant de devenir roi de France, il est l'un des monuments les plus emblématiques des Pyrénées.
Le berceau des comtes de Foix
L'histoire comtale commence vers 1012, lorsque Bernard, fils de Roger Iᵉʳ de Carcassonne, devient le premier comte de Foix. Du haut de son rocher, le château commande la vallée de l'Ariège et contrôle les voies menant vers l'Espagne et vers les hautes vallées pyrénéennes. Pendant des siècles, il demeure le symbole de l'indépendance et de la puissance d'une maison comtale habile à naviguer entre le royaume de France, la couronne d'Aragon et les affaires du Languedoc.
Gaston Fébus et l'âge comtal
La figure la plus célèbre attachée au lieu est celle de Gaston III, dit Gaston Fébus (1343-1391), prince lettré et redoutable homme de guerre. En 1362, vainqueur à la bataille de Launac, il y captura des nobles rivaux qu'il emprisonna dans son château en attendant le paiement de leurs rançons, consolidant d'un coup sa fortune et sa puissance. Sous les comtes, le château est à la fois résidence, place forte et instrument de domination régionale.
Les trois tours et le lien avec Henri IV
L'architecture du château s'organise autour de trois tours majeures : deux donjons quadrangulaires des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles et une tour circulaire du XVᵉ siècle. Cette dernière, la plus tardive, s'élève à trente-quatre mètres de hauteur, avec des murs de quatre mètres d'épaisseur, des salles hexagonales à l'intérieur et des aménagements résidentiels raffinés — cheminées indépendantes, latrines — qui trahissent le souci de confort de la fin du Moyen Âge. C'est à cette époque charnière, au seuil de la Renaissance, que le château reçoit son profil définitif. Par le jeu des héritages, le comté de Foix échoit à la maison de Navarre, puis aux Bourbons : Henri III de Navarre, dernier comte de Foix, devient roi de France sous le nom d'Henri IV, et les territoires comtaux sont alors rattachés à la couronne. Le vieux château pyrénéen se trouve ainsi relié, par la lignée des Bourbon-Navarre, à l'avènement d'une nouvelle dynastie royale.
Ce qu'il faut voir
Le visiteur doit chercher du regard la tour ronde du XVᵉ siècle, la plus haute et la plus élaborée, et comparer sa silhouette à celle des deux donjons carrés plus anciens : le château donne à lire, d'un seul coup d'œil, l'évolution de l'architecture militaire du XIIᵉ au XVᵉ siècle. Depuis les salles et les terrasses, le panorama embrasse la ville de Foix, la vallée de l'Ariège et les premiers contreforts des Pyrénées. L'ascension jusqu'au rocher fait partie de l'expérience et rappelle le caractère imprenable recherché par les bâtisseurs.
Le saviez-vous ?
Classé au titre des monuments historiques dès 1840, restauré sous la direction de Paul Boeswillwald, le château de Foix abrite depuis 1930 le musée départemental de l'Ariège. Avant d'être un musée, il connut une seconde vie austère : du XVIIIᵉ au XIXᵉ siècle, il servit de prison départementale, abritant une centaine de détenus au début du XIXᵉ siècle, près de deux cents vers 1859, au prix d'une surpopulation sévère. Ce passé carcéral, qui a paradoxalement contribué à préserver les murs, s'ajoute à la longue histoire comtale. Pour l'atlas de la Renaissance, Foix est surtout précieux par sa tour du XVᵉ siècle et par son lien dynastique avec Henri IV : un château médiéval des confins pyrénéens qui, par le hasard des successions, se retrouve au point de départ de la dynastie des Bourbons. Peu de forteresses racontent aussi clairement le passage de la féodalité méridionale à la monarchie moderne. La tour ronde du XVᵉ siècle mérite à cet égard une attention particulière : avec ses salles hexagonales superposées, ses cheminées et ses latrines individuelles, elle n'est plus seulement un ouvrage de défense, mais une véritable résidence verticale, pensée pour le confort autant que pour la sécurité. Cette recherche de l'habitabilité, à la fin du Moyen Âge, annonce déjà l'esprit qui animera, un peu plus tard, les châteaux de la Renaissance. Foix n'a certes jamais été transformé en demeure d'agrément à l'italienne — son rocher et sa vocation militaire s'y prêtaient mal —, mais il porte, dans sa plus haute tour, la marque de ce basculement des mentalités. Le visiteur qui prend le temps d'en gravir les étages comprendra, mieux qu'avec n'importe quel texte, comment la vie quotidienne d'un seigneur pyrénéen s'organisait au seuil des Temps modernes, entre le souci de tenir la vallée et celui d'y vivre dignement.
Histoire
Château fort des comtes de Foix, dont le donjon carré remonte au Xe siècle. Siège de la puissante maison de Foix-Navarre, dont Henri IV de France fut le dernier représentant. Gaston Fébus (XIVe s.), comte de Foix, l'occupa et y rédigea son célèbre Livre de Chasse. Le château conserve trois tours et une collection d'armes médiévales. Classé Monument Historique.
Contes, légendes & anecdotes
Gaston Fébus, comte de Foix au XIVe siècle, est l'une des figures les plus fascinantes du Moyen Âge français : prince cultivé, auteur d'un traité de chasse illustré (le Livre de Chasse, conservé à la BNF, est un chef-d'œuvre de l'enluminure), mais aussi tyran cruel qui tua de sa propre main son fils aîné dans un accès de rage. Sa cour à Orthez était la plus brillante du Midi. Il mourut en 1391, sans héritier direct, laissant le comté de Foix à la dérive — une tragédie annoncée par le meurtre de son fils.
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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026
















