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Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Lyon (chapelles Renaissance) — édifice religieux à Lyon (69), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Lyon (chapelles Renaissance)

XIIe-XVe s. — chapelles latérales Renaissance XVIe s.·Religieux·Lyon (69)·Classé MH

Contes, légendes & anecdotes

Rabelais (v.1494-1553) vécut à Lyon pendant plusieurs années — il y publia Gargantua(1534) etPantagruel (1532), y exerça comme médecin à l'Hôtel-Dieu. Il fréquentait les imprimeurs, les humanistes, les marchands italiens de la presqu'île. La cathédrale Saint-Jean et le Vieux-Lyon étaient dans son quotidien. Ses géants Gargantua et Pantagruel, qui dévorent des cathédrales et boivent des fleuves, portent peut-être la mémoire de la cathédrale Saint-Jean — ses proportions médiévales et ses chapelles Renaissance, entre le gigantisme gothique et la mesure humaniste.

Histoire

La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Lyon, dans le Vieux-Lyon classé UNESCO, présente un chevet roman-gothique du XIIe au XVe siècle et des chapelles latérales dont plusieurs furent aménagées ou remaniées au XVIe siècle dans un style Renaissance. Ces chapelles — fondées par des archevêques, des chanoines ou des riches marchands lyonnais — présentent des retables sculptés, des décors à pilastres et des épitaphes humanistes en latin qui témoignent de la culture italianisante de Lyon au temps de François Ier. La cathédrale possède également une horloge astronomique du XIVe siècle (une des premières d'Europe) remise en état au XVIe siècle. Le primat des Gaules — l'archevêque de Lyon, premier prélat de France — résidait dans le palais attenant et commandita certains de ces travaux Renaissance.

À voir

Récit incarné

Lyon, Vieux-Lyon. La cathédrale Saint-Jean au pied de la colline de Fourvière — son chevet roman, sa façade gothique flamboyante, son parvis sur la Saône. Et à l'intérieur, les chapelles latérales.

Lyon au XVIe siècle était la ville la plus italianisée de France après Paris — ses marchands florentins, génois, milanais y résidaient depuis des générations. Ils fondaient des chapelles dans la cathédrale, y commandaient des retables, y faisaient graver des épitaphes humanistes en latin. Les chapelles Renaissance de Saint-Jean sont leurs monuments.

Rabelais passait devant cette cathédrale en allant à l'Hôtel-Dieu. Ses géants pantagruéliques — qui avalent des pèlerinages et des cathédrales — portent peut-être la mémoire de ce bâtiment.

Lecture architecturale

Les chapelles latérales Renaissance de Saint-Jean (XVIe s.) présentent des retables sculptés à colonnes corinthiennes, des arcs en plein cintre, des décors à pilastres. Certaines épitaphes sont en latin humaniste avec des formules tirées de l'Antiquité classique.

Symboles à observer

1. Les retables Renaissance : dans les chapelles latérales, cherchez les retables à colonnes corinthiennes et frontons.

2. Les épitaphes humanistes : les inscriptions funéraires en latin classique — une façon de s'inscrire dans la tradition antique plutôt que dans la piété médiévale.

3. L'horloge astronomique : dans le transept, l'horloge du XIVe siècle remise en état au XVIe. Elle sonne encore à 12h, 14h, 15h et 16h.

4. Le Vieux-Lyon : depuis le parvis de la cathédrale, les ruelles Renaissance du Vieux-Lyon — les traboules, les hôtels particuliers.

Anecdote mémorable

L'archevêque de Lyon au XVIe siècle portait le titre de 'Primat des Gaules' — le premier archevêque de France, théoriquement supérieur à tous les autres évêques. Ce prestige attira à Lyon des prélats cultivés qui commandèrent des œuvres d'art Renaissance pour leur cathédrale. Le paradoxe lyonnais : la ville la plus commerçante de France avait aussi le premier prélat du royaume.

Pour aller plus loin

  • Vieux-Lyon (UNESCO) — les traboules et les hôtels particuliers Renaissance.
  • Fourvière — la basilique et les théâtres romains.
  • Musée des Beaux-Arts de Lyon — l'un des plus riches de France.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Magnificat primi toni
Nicolas Gombert · c.1450–1560

Les chapelles Renaissance de Saint-Jean-Baptiste de Lyon (XVIe s.) ont été fondées par des marchands italiens florentins. Gombert, compositeur de Charles Quint actif dans les années 1530-1550, est contemporain et son registre polyphonique convient à ces chapelles de prestige.

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