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Église Saint-Nizier — édifice religieux à Lyon (69), monument historique (Classé MH)

Monument

Église Saint-Nizier

XVe-XVIe s. — façade et clochers Renaissance 1530-1556·Religieux·Lyon (69)·Classé MH
Église Saint-Nizier — édifice religieux à Lyon (69), monument historique (Classé MH) — vue 2

Contes, légendes & anecdotes

Louise Labé (v.1524-1566), poétesse lyonnaise surnommée la 'Belle Cordière', est la figure féminine la plus emblématique de la Renaissance française. Fille d'un cordier lyonnais, elle apprit le latin, le grec, l'espagnol et le luth — une éducation humaniste exceptionnelle pour une femme de son temps. Ses sonnets, publiés en 1555, sont parmi les plus beaux de la poésie française — leur sensualité et leur liberté de ton stupéfièrent ses contemporains. Elle fréquentait le cercle des poètes et des marchands lyonnais qui gravitaient autour de Saint-Nizier. Son sonnet 'Je vis, je meurs, je me brûle et me noie' fut écrit dans cette ville, dans ce quartier, à l'ombre de cette église.

Histoire

Saint-Nizier, au cœur de la presqu'île lyonnaise entre Rhône et Saône, est l'église de la bourgeoisie marchande et humaniste de Lyon au XVIe siècle — la ville qui fut, avec Paris, le principal foyer de la Renaissance française. La façade et les clochers furent progressivement remaniés entre 1530 et 1556 dans un style gothique tardif enrichi d'éléments Renaissance : pinacles à niches, galeries à colonnes, fenêtres à meneaux ornés de médaillons. Le clocher nord, inachevé, contraste avec le clocher sud achevé — deux états d'un chantier interrompu par les guerres de religion. L'intérieur conserve des chapelles latérales du XVIe siècle avec des décors Renaissance de grande qualité, notamment la chapelle des marchands florentins qui faisaient affaire à Lyon — une présence italienne directe dans les pierres de l'église. Louise Labé, la 'Belle Cordière' lyonnaise, poétesse de la Renaissance française, fut peut-être baptisée dans cette église ou y fréquenta les offices.

À voir

Récit incarné

Lyon, presqu'île. La rue de la République, le bruit des trams, les touristes et les Lyonnais qui passent vite. Et soudain, la façade de Saint-Nizier — ses deux clochers dissemblables, l'un achevé l'autre non, ses pinacles gothiques et ses médaillons Renaissance.

Lyon au XVIe siècle était la capitale économique de la France — ses foires drainaient les marchands de toute l'Europe, ses banquiers florentins finançaient les rois. Les Gadagne, les Gondi, les Pazzi priaient à Saint-Nizier. Leurs chapelles latérales, avec leurs décors Renaissance commandés à des artisans italiens, disent cette présence transalpine dans la ville du Rhône.

Louise Labé vivait à quelques rues. Elle écrivait ses sonnets dans ce Lyon de soie et de lettres, de banquiers et de poètes. Saint-Nizier était l'église de son monde.

Lecture architecturale

Saint-Nizier présente une façade gothique tardive à deux clochers asymétriques — le clocher sud achevé avec sa flèche Renaissance, le clocher nord inachevé au niveau de la galerie. Les chapelles latérales (XVIe s.) sont en calcaire de Bourgogne avec des pilastres à arabesques et des arcs en plein cintre.

Symboles à observer

1. Les deux clochers : l'asymétrie des clochers de Saint-Nizier — l'un achevé, l'autre non. Une interruption de chantier figée dans la pierre, due aux guerres de religion.

2. Les chapelles florentines : les chapelles latérales commandées par les marchands italiens de Lyon. Cherchez les armes familiales dans les clefs d'arc — les Gadagne, les Gondi.

3. Les médaillons de la façade : dans les tympans des portails, les médaillons à profils humanistes. Les portraits de l'Antiquité dans l'église gothique.

4. La presqu'île vue du parvis : depuis le parvis de Saint-Nizier, la perspective sur la presqu'île lyonnaise — l'axe commercial de la ville Renaissance.

Anecdote mémorable

Pendant la Commune de Lyon (1871 — l'insurrection populaire lyonnaise parallèle à la Commune de Paris), les insurgés utilisèrent Saint-Nizier comme poste de commandement et de résistance finale. Le 22 avril 1871, les derniers communards lyonnais se barricadèrent dans l'église avant d'être délogés par les troupes versaillaises. La façade Renaissance porte encore les traces de cette fusillade dans ses pierres.

Contexte historique dense

Lyon au XVIe siècle était la plaque tournante économique de la France — ses quatre foires annuelles drainaient des marchands de toute l'Europe. Les Italiens (Florentins surtout), les Allemands, les Espagnols s'y installaient durablement. Leur présence est lisible dans les chapelles de Saint-Nizier — des décors italianisants commandés par des marchands qui connaissaient Brunelleschi et Bramante.

Échos artistiques

Musique : Sonnets de Louise Labé mis en musique(Guillaume Costeley, 1570) — la poétesse lyonnaise dans la musique de son temps. Peinture :Vue de Lyon (dessin de 1550, BnF) — la ville de la Renaissance lyonnaise. Architecture : l'hôtel Gadagne (Lyon 5e) — la demeure des marchands florentins à quelques centaines de mètres.

Pour aller plus loin

  • Vieux-Lyon (5e arr.) — le quartier Renaissance classé UNESCO.
  • Musée des Confluences — l'histoire naturelle et les civilisations.
  • Fourvière (69) — la basilique néo-byzantine et les théâtres romains.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Susanne un jour
Didier Lupi Second / Orlando di Lasso versions · c.1530–1580

Saint-Nizier est l'église de la bourgeoisie marchande de Lyon, ville des imprimeurs et des chansonniers. Didier Lupi Second publie à Lyon chez Moderne ; Susanne un jour (1548) est la chanson la plus imprimée du siècle à Lyon. Cohérence locale maximale.

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