À voir
Histoire
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Lyon, « Primatiale des Gaules » depuis 1079 (titre conférant la primauté sur les archevêques de France), est l'un des plus prestigieux sanctuaires français. Construite entre 1175 et 1480 dans un style gothique transition romane-rayonnante, elle abrite la célèbre chapelle des Bourbons (1485-1515), chef-d'œuvre absolu du gothique flamboyant terminal glissant vers Renaissance.
L'édifice fut commandé au XIIe siècle par l'archevêque Guichard de Pontigny (1163-1182), en remplacement d'une cathédrale carolingienne. Le chantier s'étala sur 305 ans, traversant roman tardif (chœur 1175-1220), gothique primitif (transept et nef XIIIe siècle), gothique rayonnant (nef XIVe siècle), gothique flamboyant (façade et chapelles XVe siècle).
L'élément Renaissance majeur est la chapelle des Bourbons, construite entre 1485 et 1515 sous Charles VIII, Louis XII et François Ier, à l'initiative du cardinal Charles II de Bourbon (archevêque de Lyon 1444-1488) et de son successeur Pierre II de Bourbon. Cette chapelle déploie un programme architectural et sculpté d'une virtuosité technique stupéfiante : voûtes étoilées flamboyantes glissant vers Renaissance, clés de voûte à médaillons à profil antique, piédroits sculptés de putti et rinceaux d'acanthes, niches à statues Renaissance, fenêtres à vitraux de la Renaissance précoce.
L'attribution à Jean Damien Demousseaux (architecte lyonnais actif vers 1485-1520) reste discutée, mais le style de la chapelle des Bourbons en fait un chef-d'œuvre de la transition flamboyant-Renaissance en France.
La cathédrale abrite également une célèbre horloge astronomique (XIVe-XVIe siècles, plusieurs fois restaurée), l'une des plus anciennes horloges astronomiques subsistant en France.
À voir absolument
- La chapelle des Bourbons (1485-1515), chef-d'œuvre absolu du flamboyant terminal-Renaissance
- L'horloge astronomique (XIVe-XVIe siècles), encore en fonctionnement
- La rose occidentale flamboyante (XVe siècle)
- Les vitraux des XIIIe-XVIe siècles, parmi les plus complets de France
- L'élévation gothique à trois étages (XIIe-XIVe siècles)
- Le chœur roman (XIIe siècle), à abside polygonale
- Le trésor de la cathédrale (payant)
- Les stalles sculptées (XVIe siècle)
- L'emplacement : au cœur du Vieux Lyon Renaissance, classé UNESCO depuis 1998
- Le « Bouton du Manécanterie » voisin (XIe siècle, rare exemple de bâtiment roman conservé)
Anecdotes & secrets
L'horloge astronomique de Saint-Jean est l'une des plus anciennes horloges astronomiques subsistant en France — première version installée vers 1380, profondément remaniée en 1598 par Hugues Levet (horloger lyonnais), puis restaurée en 1660, 1789, 1894 et 1954. Elle indique les dates du calendrier ecclésiastique jusqu'en 2019, les phases de la lune, les positions du soleil, et joue un carillon automatique plusieurs fois par jour (12h, 14h, 15h, 16h) avec des automates (Annonciation : ange annonçant à Marie, Saint Jean-Baptiste, coq chantant). C'est l'un des plus complexes mécanismes médiévaux subsistant en Europe.
Le mariage d'Henri IV avec Marie de Médicis fut célébré à la cathédrale Saint-Jean le 17 décembre 1600 — un mois après leur mariage civil par procuration à Florence. Marie était la fille de François Ier de Médicis, grand-duc de Toscane, et de Jeanne d'Autriche. Le couple eut six enfants dont le futur Louis XIII. La cathédrale abrita également les funérailles de plusieurs archevêques Renaissance majeurs.
Saint Pothin (vers 87-177), premier évêque de Lyon, fut martyrisé en 177 lors de la persécution de Marc Aurèle — l'une des plus violentes persécutions chrétiennes du IIe siècle. 44 chrétiens lyonnais (dont Pothin, Blandine, Maturus, Sanctus) furent suppliciés à l'amphithéâtre des Trois Gaules (à 800 m de la cathédrale, vestiges archéologiques visibles, gratuit). Cet épisode martyrologique fit de Lyon la « capitale des martyrs des Gaules » — d'où la primauté ecclésiastique des archevêques de Lyon (« Primatiale des Gaules »).
Conseils de visite
Cathédrale ouverte tous les jours de 8h15 à 19h45, entrée libre. Trésor : visite payante (5€). Carillon de l'horloge astronomique : 12h, 14h, 15h, 16h. Combiner avec la promenade dans le Vieux Lyon Renaissance (UNESCO, traboules, hôtels particuliers Renaissance), la basilique de Fourvière (néo-byzantine XIXe), et les vestiges gallo-romains de Lugdunum (gratuit). Lyon accessible depuis Paris-Gare-de-Lyon en TGV (2h).







