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Abbaye Saint-Vincent de Senlis — édifice religieux à Senlis (60), monument historique (Classé MH)

Monument

Abbaye Saint-Vincent de Senlis

XIe s. — cloître et bâtiments conventuels Renaissance XVIe s.·Religieux·Senlis (60)·Classé MH

Contes, légendes & anecdotes

La forêt de Compiègne, toute proche de Senlis, fut le terrain de chasse préféré des rois capétiens pendant des siècles. Saint Louis, Philippe Auguste, François Ier — ils chassaient dans cette forêt et logeaient à Senlis, dans le palais royal attenant à la cathédrale. Les abbés de Saint-Vincent recevaient parfois ces rois chasseurs. Un roi fatigué de la chasse, rentrant à Senlis par les chemins forestiers, voyait au loin les tours de l'abbaye — et parfois s'y arrêtait pour la prière du soir. La modernisation Renaissance du cloître était peut-être destinée à accueillir dignement ces visites royales.

Histoire

L'abbaye royale Saint-Vincent de Senlis, fondée au XIe siècle, fut une des abbayes bénédictines les plus influentes d'Île-de-France — patronnée par les rois capétiens dont Senlis était l'une des résidences préférées. Au XVIe siècle, l'abbaye entreprit une campagne de modernisation de ses bâtiments conventuels : le cloître médiéval fut partiellement remanié, des galeries à colonnes Renaissance furent ajoutées, et les dortoirs et le réfectoire furent reconstruits avec des façades à pilastres. Ces travaux, financés par des abbés commendataires liés à la cour, transformèrent l'aspect conventuel de l'abbaye tout en conservant l'abbatiale médiévale. L'ensemble, aujourd'hui occupé par des institutions diverses, conserve des vestiges significatifs de cette modernisation Renaissance dans un état de conservation variable.

À voir

Récit incarné

Senlis, Oise. La ville royale capétienne — ses remparts gallo-romains, sa cathédrale gothique, ses maisons médiévales. Et l'abbaye Saint-Vincent, dans un angle de la ville, ses bâtiments dispersés entre des usages contemporains variés.

Les galeries Renaissance de l'abbaye — des arcades en plein cintre sur colonnes, le calcaire de l'Oise dans la lumière picardie. Un cloître partiel, des fragments de la modernisation du XVIe siècle survivant dans un ensemble conventuel dispersé.

Senlis au XVIe siècle était encore une ville royale — les Valois chassaient dans la forêt de Compiègne et s'arrêtaient à Senlis. Les abbés de Saint-Vincent modernisaient leurs bâtiments pour être à la hauteur de ces visites. La Renaissance de cour pénétrant dans le monastère.

Lecture architecturale

Les bâtiments conventuels Renaissance de Saint-Vincent (XVIe s.) présentent des galeries à arcades en plein cintre et des façades à pilastres en calcaire de l'Oise.

Symboles à observer

1. Les galeries à arcades : les arcades Renaissance sur colonnes, fragment du cloître remanié.

2. Les remparts gallo-romains : autour de la ville, les remparts du IIIe siècle. Senlis dans ses murailles antiques.

3. La cathédrale gothique : à quelques centaines de mètres, la cathédrale Notre-Dame de Senlis — le chef-d'œuvre gothique du XIIe siècle.

4. La forêt de Compiègne : visible depuis les hauteurs de Senlis, la forêt royale des Capétiens.

Pour aller plus loin

  • Cathédrale Notre-Dame de Senlis — l'une des premières cathédrales gothiques.
  • Chantilly (60, 10 km) — le château et les Grandes Écuries.
  • Pierrefonds (60, 30 km) — le château médiéval restauré par Viollet-le-Duc.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Missa Sub tuum praesidium
Pierre de La Rue · c.1450–1560

Abbaye royale capétienne de Senlis (XIe s., remaniements Renaissance XVIe s.) : Pierre de La Rue, compositeur à la cour de Bourgogne et de Marguerite d'Autriche, est le musicien des abbayes royales franco-flamandes. Missa Sub tuum praesidium, prière à la Vierge, convient à cette abbaye patronnée par les Capétiens.

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