À voir
Histoire
L'église Saint-Spire de Corbeil-Essonnes est l'ancienne collégiale royale de Corbeil — fondation capétienne du XIe siècle remontant à Robert le Pieux (vers 1020), qui en fit l'église palatine du comté de Corbeil. Construite et remaniée du XIIe au XVIe siècle, elle abrite un patrimoine architectural mêlant roman tardif, gothique flamboyant, et Renaissance pleinement assumée.
L'édifice fut construit en plusieurs phases : collégiale primitive (XIe siècle, Robert le Pieux), agrandissement gothique (XIIIe-XIVe siècles), chœur et chapelles Renaissance (XVe-XVIe siècles).
L'élément Renaissance majeur se concentre dans le chœur reconstruit entre 1500 et 1560 sous Louis XII et François Ier, à voûtes étoilées flamboyantes glissant vers Renaissance, et dans les chapelles latérales Renaissance ajoutées à la même époque. La chapelle de la Vierge (vers 1540) est entièrement Renaissance : pilastres cannelés, médaillons à profil antique, rinceaux d'acanthes.
L'élément le plus précieux est l'ensemble de tableaux Renaissance et baroques qui orne la nef et le chœur — notamment des œuvres du Maître de Corbeil (peintre français anonyme du XVIe siècle, identifié par son style) et plusieurs panneaux flamands du XVIe siècle.
Corbeil-Essonnes fut au Moyen Âge une importante place forte sur la Seine à 30 km au sud de Paris, contrôlant la route royale Paris-Fontainebleau-Loire. Les rois capétiens y séjournèrent régulièrement.
À voir absolument
- Le chœur Renaissance (1500-1560), à voûtes étoilées glissant vers décor italianisant
- La chapelle de la Vierge Renaissance (vers 1540), pleinement Renaissance
- Les chapelles latérales Renaissance ornées de retables XVIe
- L'ensemble de tableaux Renaissance et baroques, notamment du Maître de Corbeil
- Le portail occidental flamboyant tardif, à voussures sculptées
- Les vitraux des XVIe-XIXe siècles, partiellement conservés
- Le buffet d'orgue classique (XVIIe siècle)
- Les stalles sculptées Renaissance (XVIe siècle)
- Le tombeau d'Haymon de Corbeil (XIIIe siècle), évêque
- L'emplacement urbain : sur la place Saint-Spire, dans le Vieux Corbeil classé secteur sauvegardé
Anecdotes & secrets
Le « Maître de Corbeil » est un peintre anonyme français du XVIe siècle, identifié par son style dans les années 1960 par les historiens d'art. Son œuvre se concentre dans plusieurs panneaux conservés à l'église Saint-Spire et au musée Saint-Jean-Baptiste de Corbeil voisin (gratuit) : « Vierge à l'Enfant »(vers 1530),« Adoration des Mages »(vers 1535),« Crucifixion » (vers 1540). Son style mêle influence flamande (détails miniaturistes, paysages en arrière-plan) et influence italienne (couleurs vives, anatomies Renaissance). Son identité reste mystérieuse — probablement un artiste local ayant séjourné aux Pays-Bas ou en Italie.
Corbeil fut au XIe siècle l'une des résidences favorites des premiers Capétiens. Robert le Pieux (972-1031), fils d'Hugues Capet, y séjourna régulièrement et y fonda la collégiale Saint-Spire vers 1020. Constance d'Arles, troisième épouse de Robert, mourut à Corbeil en 1032. La famille comtale de Corbeil (lignée Capétienne secondaire) régna sur le comté jusqu'au XIIIe siècle, avant son rattachement au domaine royal par Philippe Auguste.
Au XIXe siècle, Corbeil-Essonnes devint un centre industriel majeur grâce aux « Grands Moulins » (1858), plus grandes minoteries d'Europe au XIXe-XXe siècle. La cité fournissait en farine la moitié de Paris pendant la Belle Époque. Cette industrie meunière a marqué l'identité urbaine de Corbeil — les Grands Moulins (encore visibles depuis la rive de la Seine) sont aujourd'hui friches industrielles en cours de reconversion.
Conseils de visite
Église ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Combiner avec la visite du musée Saint-Jean-Baptiste de Corbeil voisin (gratuit, œuvres du Maître de Corbeil), de la commanderie Saint-Jean (XIIIe siècle, gratuit), et des bords de Seine. Corbeil-Essonnes accessible depuis Paris-Gare-de-Lyon en RER D (35 min). À 35 km de Paris.

