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Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais (portail Renaissance) — édifice religieux à Beauvais (60), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais (portail Renaissance)

XIIIe s. — portail Renaissance et horloge astronomique XVIe s.·Religieux·Beauvais (60)·Classé MH

Contes, légendes & anecdotes

La cathédrale de Beauvais n'a jamais été achevée — elle n'a ni nef ni tour. Les constructeurs médiévaux tentèrent de construire la cathédrale la plus haute du monde chrétien et faillirent plusieurs fois. La flèche centrale (153 mètres), construite en 1569, s'effondra en 1573 sous son propre poids, à peine quatre ans après son achèvement. Ce fut l'effondrement architectural le plus spectaculaire du XVIe siècle — et le signe que l'architecture gothique avait atteint ses limites physiques. Le portail Renaissance du transept, commandé après cette catastrophe, dit peut-être une leçon apprise : la mesure Renaissance contre la démesure gothique.

Histoire

La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, dont le chœur (48 mètres sous voûte) est le plus haut édifice gothique de France, possède deux éléments Renaissance remarquables : le portail du transept sud (v.1535-1550) et l'horloge astronomique (1865, mais dans un buffet d'orgue Renaissance de 1539). Le portail du transept sud, à colonnes corinthiennes et médaillons à profils humanistes, est l'un des portails Renaissance les plus élaborés d'Île-de-France septentrionale. Le buffet de l'horloge (1539), en bois sculpté avec ses colonnes, ses niches à statues et ses panneaux à arabesques, est l'un des meilleurs exemples de menuiserie Renaissance du XVIe siècle dans une cathédrale française. La cathédrale de Beauvais est aussi célèbre pour ses effondrements répétés — la voûte du chœur s'effondra en 1284, le transept en 1573 — qui témoignent de l'ambition architecturale gothique poussée au-delà de ses limites.

À voir

Récit incarné

Beauvais, Oise. La cathédrale qui s'est effondrée plusieurs fois et n'a jamais été finie. Ses 48 mètres sous voûte — les plus hauts de France. Sa façade incomplète, son transept sans nef.

Le portail du transept sud. Les colonnes corinthiennes, les médaillons à profils humanistes, les pilastres à arabesques. La Renaissance dans la cathédrale qui a failli tuer l'architecture gothique. Deux cultures, deux réponses à la même question — comment bâtir vers le ciel.

À l'intérieur, le buffet de l'horloge (1539) : le bois sculpté Renaissance, les colonnes, les niches à statues. Un meuble d'une qualité exceptionnelle dans la cathédrale inachevée.

Lecture architecturale

Le portail du transept sud de Beauvais (v.1535-1550) est en calcaire de l'Oise. Il présente deux colonnes corinthiennes libres portant un entablement, avec des niches à coquilles pour les statues. Les pilastres latéraux sont ornés d'arabesques finement sculptées.

Symboles à observer

1. Les colonnes corinthiennes du portail : comparez la légèreté Renaissance du portail avec la massivité gothique des contreforts voisins.

2. Le buffet d'horloge (1539) : à l'intérieur, le buffet en bois sculpté Renaissance. Ses colonnes torsadées, ses niches à statues, ses panneaux à rinceaux.

3. Les 48 mètres de voûte : levez la tête dans le chœur. La vertige gothique — et la question : comment ont-ils fait ?

4. La flèche absente : dans la silhouette de la cathédrale, l'absence de flèche centrale. L'emplacement vide où elle s'effondra en 1573.

Anecdote mémorable

Victor Hugo visita la cathédrale de Beauvais et écrivit qu'elle était 'la plus belle tentative de l'impossible'. Cette phrase — qui dit à la fois l'admiration et l'échec — résume le projet gothique. Le portail Renaissance, plus mesuré, moins vertigineux, dit le contraire : la beauté dans la limite acceptée.

Pour aller plus loin

  • Musée de l'Oise (dans l'ancien évêché) — les collections pictoralles régionales.
  • Abbaye de Chaalis (60, 40 km) — la chapelle Renaissance dans la forêt.
  • Senlis (60, 40 km) — la cathédrale gothique et le vieux Senlis.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Missa Et ecce terrae motus
Antoine Brumel · c.1490–1510

La Missa Et ecce terrae motus (12 voix) de Brumel est la pièce la plus grandiose et la plus vertigineuse du répertoire Franco-flamand, comme la cathédrale de Beauvais est le monument gothique le plus ambitieux et le plus instable. L'évocation du tremblement de terre répond à l'effondrement de la flèche en 1573.

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