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Ubbo Emmius

✦ Illustre ✦

Ubbo Emmius

humaniste / historien

1547 (Greetsiel, Frise orientale) – 1625 (Groningue)·Greetsiel, Frise orientale·humaniste · historien

Contributions & œuvres

Quand Groningue ouvrit son université en 1614, c'est lui qu'on plaça à sa tête. Ubbo Emmius, né en 1547 à Greetsiel en Frise orientale, mort en 1625 à Groningue, fut à la fois le fondateur intellectuel d'une grande institution et le premier historien à donner à la Frise le récit de son propre passé. Un savant du Nord, rigoureux et têtu, dont l'université de Groningue porte encore aujourd'hui le nom sur ses bâtiments et ses fondations.

L'historien de la Frise

Emmius était un pur produit de l'humanisme européen : formé à Groningue, à Rostock, puis à Genève auprès du théologien calviniste Théodore de Bèze, il apprit à lire les sources anciennes avec la méthode nouvelle des philologues. Il en fit une œuvre monumentale : la Rerum Frisicarum Historia (« Histoire des choses de Frise »), publiée par tranches de 1592 à 1616 — la première grande histoire critique du peuple frison, appuyée sur les documents et non sur les légendes. Il composa aussi un Chronologicum comparant les calendriers des nations, et dessina des cartes précises de la Frise. Géographe, chronologiste, historien : Emmius voulait fonder le savoir sur la preuve, et donner à sa petite patrie du Nord une mémoire digne des grands peuples de l'Antiquité.

Le maître d'école devenu recteur d'université

Sa vie fut d'abord celle d'un pédagogue. Recteur d'école latine à Norden, puis à Leer, il arriva à Groningue en 1594, juste après la Réduction de la ville (son ralliement à la République), pour y diriger l'école latine. Vingt ans plus tard, quand les États décidèrent de doter Groningue d'une université, c'est tout naturellement Emmius qui en devint le premier recteur magnifique (1614) et le professeur de grec et d'histoire. Il en organisa les études, en fixa l'esprit, en assura le prestige. Sur ses pas : Groningue, sa ville d'adoption, son université, le Provinciehuis et sa Statenzaal où délibéraient les États qui l'employèrent, et Greetsiel, son village natal de Frise orientale, aujourd'hui en Allemagne — car la Frise d'Emmius ignorait les frontières que nous connaissons.

La part d'ombre

Le savant méthodique fut aussi un homme de conviction rigide. Calviniste orthodoxe, formé chez Bèze, Emmius prit parti dans les grandes querelles religieuses de son temps : dans le conflit entre remontrants et contre-remontrants qui déchira la République, il fut du camp intransigeant, hostile à toute tolérance envers les « déviants ». Son histoire de la Frise elle-même n'est pas sans parti pris : elle exalte la liberté frisonne et forge autant qu'elle décrit l'identité d'un peuple. L'érudit qui traquait la légende chez les autres n'était pas toujours exempt, sur les sujets qui lui tenaient à cœur, de la passion qui aveugle.

Anecdote mémorable

Ubbo Emmius n'était pas né aux Pays-Bas actuels : Greetsiel, son village, se trouve en Frise orientale, aujourd'hui en Allemagne. Pour lui, comme pour beaucoup au XVIᵉ siècle, la « Frise » était une nation culturelle qui débordait largement les frontières politiques — et c'est cette Frise-là, sans frontière, qu'il raconta.

Importance historique

Quand Groningue ouvrit son université en 1614, c'est lui qu'on plaça à sa tête. Ubbo Emmius, né en 1547 à Greetsiel en Frise orientale, mort en 1625 à Groningue, fut à la fois le fondateur intellectuel d'une grande institution et le premier historien à donner à la Frise le récit de son propre passé. Un savant du Nord, rigoureux et têtu, dont l'université de Groningue porte encore aujourd'hui le nom sur ses bâtiments et ses fondations.

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