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Paus Adrianus VI (1459-1523)

✦ Illustre ✦

Pape Adrien VI

Église / humaniste

1459-1523·Église · humaniste

Contributions & œuvres

Né dans une modeste famille d'Utrecht, Adriaan Florensz Boeyens s'éleva par la seule force de l'étude jusqu'au trône de saint Pierre. Précepteur de Charles Quint, régent d'Espagne, il fut élu pape en 1522 — le seul Néerlandais de l'histoire à l'être. Homme intègre et sévère, il rêva de réformer une Église rongée par les abus, à l'heure même où Luther la déchirait.

De l'école d'Utrecht au trône de saint Pierre

Élève des Frères de la Vie commune, ce courant de piété savante et intérieure qui marqua tant l'humanisme du Nord, Adriaan étudia à l'université de Louvain, où il devint professeur de théologie, puis recteur. Sa réputation de savant intègre lui valut d'être choisi comme précepteur du jeune Charles de Habsbourg, futur Charles Quint. La confiance de l'empereur le porta ensuite aux plus hautes charges : évêque de Tortosa, grand inquisiteur d'Aragon et de Castille, régent d'Espagne. En janvier 1522, à la surprise générale, le conclave l'élut pape sous le nom d'Adrien VI — un étranger, un homme du Nord, hissé au sommet d'une Église italienne.

Le réformateur que Rome rejeta

Adrien VI arriva à Rome avec un programme austère : réduire le train fastueux de la curie, combattre le népotisme et la simonie, répondre à la crise luthérienne par la réforme des mœurs plutôt que par la seule condamnation. Il eut l'honnêteté rare de reconnaître publiquement, par la voix de son légat à la diète de Nuremberg, que les désordres de l'Église romaine étaient pour partie à l'origine du schisme. Mais cet homme du Nord, économe et grave, se heurta à l'hostilité d'une Rome de la Renaissance éprise de faste : on railla son latin « barbare », on regretta les fêtes de Léon X. Il mourut dès septembre 1523, après un pontificat de vingt mois, sans avoir pu engager la réforme qu'il appelait de ses vœux — laissant à d'autres, une génération plus tard, la tâche du concile de Trente.

Anecdote mémorable

Sur le tombeau d'Adrien VI, à Rome, une épitaphe résume l'amertume de son échec : elle déplore que « la valeur d'un homme dépende tant du temps où il lui est donné de vivre ». Il fut aussi le dernier pape non italien pendant quatre cent cinquante-six ans — jusqu'à l'élection, en 1978, d'un certain Karol Wojtyła, Jean-Paul II.

Importance historique

Né dans une modeste famille d'Utrecht, Adriaan Florensz Boeyens s'éleva par la seule force de l'étude jusqu'au trône de saint Pierre. Précepteur de Charles Quint, régent d'Espagne, il fut élu pape en 1522 — le seul Néerlandais de l'histoire à l'être. Homme intègre et sévère, il rêva de réformer une Église rongée par les abus, à l'heure même où Luther la déchirait.

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