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Mencía de Mendoza

✦ Illustre ✦

Mencía de Mendoza

mécène / humaniste

1508 (Jadraque/Guadalajara ?) – 1554 (Valence)·Jadraque/Guadalajara ?·mécène · humaniste

Contributions & œuvres

En 1524, une jeune Espagnole de seize ans épouse le comte Henri III de Nassau et quitte la Castille pour Breda, dans les Pays-Bas. Elle s'appelle Mencía de Mendoza, marquise de Zenete, et elle apporte dans ses bagages ce que peu de nobles du Nord possédaient alors : une culture humaniste, le goût des livres en huit langues et la passion des arts. En quelques années, la comtesse de Nassau fera de sa cour l'un des foyers les plus lettrés de la Renaissance septentrionale.

Une grande dame de la Renaissance

Mencía appartient à l'illustre lignée des Mendoza, la plus cultivée de la noblesse espagnole. Fille du premier marquis de Zenete, élevée comme ses cousins dans la tradition humaniste, elle est mariée en 1524 à Henri III de Nassau-Breda (voir sa fiche), un des plus grands seigneurs des Pays-Bas et fidèle de Charles Quint — c'est l'empereur lui-même qui poussa cette union mêlant l'aristocratie d'Espagne et celle des Flandres. À Breda, Mencía découvre le château que son époux fait transformer en palais Renaissance à l'italienne par Tommaso Vincidor (voir les fiches Kasteel van Breda et Prinsenkapel) : elle y vit dans l'un des tout premiers décors italiens du Nord, près des voûtes peintes et du tombeau des Nassau. Femme de pouvoir et de goût, elle protège des peintres de premier rang — Jan Gossaert, Bernard van Orley — et rassemble une bibliothèque et une collection d'art qui grandissent d'année en année.

Les livres, les arts, l'éducation

Le cœur de Mencía, c'est la vie de l'esprit. En 1538, elle prend pour précepteur le plus grand humaniste espagnol du temps, Juan Luis Vives — l'ami d'Érasme, théoricien de l'éducation, qui vivait alors dans les villes flamandes. Vives la conseille dans l'achat de ses livres et de ses œuvres d'art et l'introduit dans le grand réseau des humanistes d'Europe. Sa bibliothèque, héritée en partie de sa famille, s'enrichit de textes en huit langues ; sa collection de tableaux et de joyaux fait d'elle l'une des plus remarquables mécènes de son siècle. Mencía porte enfin une idée neuve et audacieuse : celle de l'éducation des femmes, qu'elle défendit par ses opinions et par son exemple. Dans un monde où l'on tenait le savoir des femmes pour superflu, cette comtesse cultivée fut, à sa manière, une preuve vivante du contraire.

La part d'ombre

La grande mécène fut aussi une femme prise entre deux mondes, sans jamais pouvoir vraiment s'enraciner. Veuve d'Henri III en 1538, elle finit par quitter Breda et les Pays-Bas : remariée en 1541 à Ferdinand d'Aragon, duc de Calabre et vice-roi de Valence, elle passa ses dernières années au palais du Real, à Valence. Elle n'avait pas eu d'enfant survivant — l'unique fils né de son premier mariage était mort peu après sa naissance. Sa vie fut celle d'une femme déplacée au gré des grandes alliances, d'un pays à l'autre, d'un époux à l'autre, selon des mariages décidés d'en haut. Et quand vint la mort, en 1554, celle qui avait tant donné à Breda ne voulut pas y reposer : elle demanda à être inhumée en Espagne, auprès de ses parents. La comtesse de Nassau était redevenue, pour l'éternité, une Mendoza de Castille.

Anecdote mémorable

La bibliothèque de Mencía comptait des ouvrages en huit langues — un trésor rarissime pour une femme du XVIᵉ siècle, et même pour la plupart des princes de son temps. Là où d'autres collectionnaient les terres ou les bijoux, la comtesse de Breda collectionnait les langues du savoir.

Importance historique

En 1524, une jeune Espagnole de seize ans épouse le comte Henri III de Nassau et quitte la Castille pour Breda, dans les Pays-Bas. Elle s'appelle Mencía de Mendoza, marquise de Zenete, et elle apporte dans ses bagages ce que peu de nobles du Nord possédaient alors : une culture humaniste, le goût des livres en huit langues et la passion des arts. En quelques années, la comtesse de Nassau fera de sa cour l'un des foyers les plus lettrés de la Renaissance septentrionale.

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