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Portrait de Sandro Botticelli

Illustre

Sandro Botticelli

Peintre florentin de la grâce et du mythe

1445-1510·Peintre·Florence·peinture

Contributions & œuvres

Il y a une note de musique dans chaque ligne de Botticelli. Né Alessandro Filipepi vers 1445 dans une Florence en pleine effervescence, formé auprès de Filippo Lippi puis nourri de l'atmosphère de l'atelier de Verrocchio, il invente une manière que nul n'imitera vraiment : un dessin qui chante, un contour souple et mélodieux qui fait onduler les chevelures, flotter les voiles et danser les corps. Sa grâce n'est pas mièvre — elle est pensée, portée par une intelligence de la ligne qui donne à ses figures cette légèreté surnaturelle, comme si elles pesaient un peu moins que nous.

Son audace, elle, est immense. Peintre choyé du cercle des Médicis — de Laurent le Magnifique à Lorenzo di Pierfrancesco —, Botticelli ose ce que personne n'avait osé : ressusciter les dieux païens grandeur nature, en pleine cité chrétienne. La Primaveraet laNaissance de Vénus déploient des divinités antiques, des nus mythologiques profanes, un printemps de déesses, à une échelle réservée jusque-là aux saints et aux Vierges. C'est un coup de génie et un coup d'éclat : la beauté du monde, la fable et le désir installés au cœur de l'art, avec une gravité neuve.

Derrière cette limpidité couve une profondeur : la poésie néoplatonicienne de son temps, cette idée que la beauté visible est l'échelon vers une beauté supérieure. Ses Vénus sourient à peine, ses printemps ont un voile de mélancolie ; on dirait des joies qui se souviennent d'être fragiles. Cette tension — la fête et le regret dans le même geste — est précisément ce qui nous parle encore.

Sa réputation le porte au sommet : appelé à Rome, il compte parmi les maîtres qui peignent les fresques des murs de la chapelle Sixtine. À ce moment, Botticelli est l'un des grands noms de l'Italie. La suite fut plus âpre — gagné sur le tard par la prédication ardente de Savonarole et ses « bûchers des vanités », sa manière devint plus austère, puis démodée à mesure que montaient Léonard et Raphaël ; il finit pauvre et un peu oublié. Mais l'ombre ici n'efface rien : quatre siècles plus tard, sa ligne intacte allait renaître avec fracas.

Anecdote mémorable

Vasari raconte qu'un tisserand voisin avait installé huit métiers qui, en tournant, faisaient trembler tout l'atelier de Botticelli au point de rendre le travail impossible. Prié en vain de cesser, le peintre riposta à sa façon : il jucha au sommet de son propre mur, penchée vers la maison du gêneur, une pierre énorme qu'un rien pouvait faire choir. Le voisin, effrayé, accourut protester — et Botticelli lui rétorqua qu'il était chez lui et faisait ce qu'il voulait, tout comme l'autre. Le tisserand baissa le ton. Une anecdote qui dit l'homme : facétieux, entêté, la repartie prompte. @@AVERIFIER

Influences reçues

Filippo Lippi, son maître ; l'atmosphère de l'atelier de Verrocchio ; le cercle intellectuel des Médicis et la pensée néoplatonicienne florentine.

Influences exercées

Longtemps éclipsé, redécouvert avec éclat au XIXe siècle par les préraphaélites anglais, puis relu au tournant du XXe par l'historien Aby Warburg ; depuis, figure universelle dont la Naissance de Vénus est l'une des images les plus reconnues de l'art occidental.

Importance historique

Botticelli compte parce qu'il a osé rendre au monde sa part de fable et de beauté, en installant le mythe païen au cœur de la Renaissance chrétienne, servi par une ligne d'une grâce inégalée. Passé de mode de son vivant, il n'a jamais cessé d'exister : son printemps a fini par revenir, plus vivace que jamais. La preuve qu'un génie authentique traverse les siècles — et qu'une audace vraie finit toujours par retrouver son public.

Peintures (4)

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