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Simon Stevin (1548-1620) ⚑

✦ Illustre ✦

Simon Stevin

mathématicien & ingénieur

1548-1620·mathématicien & ingénieur

Contributions & œuvres

Peu de savants ont autant changé la vie quotidienne sans qu'on le sache : chaque fois que nous écrivons un prix avec des décimales, nous pensons à la manière de Simon Stevin. Mathématicien, ingénieur militaire, hydraulicien, théoricien de la musique et de la mécanique, ce Brugeois établi en Hollande fut l'un des esprits les plus universels de son temps — et le conseiller scientifique d'un prince en guerre.

Le commis devenu ingénieur du prince

Né à Bruges en 1548 — d'où le flag —, Stevin fut d'abord commis de marchand à Anvers, puis voyagea avant de s'établir dans les Provinces-Unies, où il étudia à l'université de Leyde. Là, il devint le précepteur, puis l'indispensable conseiller du prince Maurice de Nassau, stadhouder et chef des armées de la République. Pour Maurice, Stevin conçut des fortifications « à la hollandaise », organisa le génie militaire, dirigea l'école d'ingénieurs de Leyde, et fut nommé intendant des finances et quartier-maître général de l'armée. Il théorisa aussi l'art des écluses, des moulins et de l'assèchement des polders — savoir vital pour un pays gagné sur l'eau.

Le savant, la langue et sa part d'ombre

Le legs le plus durable de Stevin est mathématique. Dans son petit traité De Thiende (« La Dîme », 1585), il exposa de façon claire et pratique l'usage des fractions décimales pour tous les calculs — révolution qui allait transformer la comptabilité, la mesure et la science. Il travailla aussi sur la statique, l'hydrostatique (il énonça le « paradoxe hydrostatique ») et fit, dit-on avec le savant de Groot, une expérience de chute de corps qui contredisait Aristote, avant Galilée. Sa part d'ombre est celle d'un homme de son siècle : partisan farouche du néerlandais comme langue de science — il forgea quantité de termes techniques encore en usage (wiskundepour mathématiques,natuurkunde pour physique) —, il en devint parfois dogmatique, persuadé que le flamand-hollandais était la langue la plus rationnelle du monde. Chimère patriotique ; mais qui eut un effet réel : grâce à lui, la science put se penser et s'enseigner dans la langue du pays.

Infos / repères

Simon Stevin naquit à Bruges en 1548 et mourut à La Haye en 1620. Mathématicien, ingénieur et conseiller de Maurice de Nassau, il vulgarisa les fractions décimales (De Thiende, 1585), fit progresser la statique et l'hydraulique, et milita pour le néerlandais comme langue scientifique.

Anecdote mémorable

Vers 1600, Stevin construisit pour le prince Maurice un char à voile (zeilwagen) qui, poussé par le vent sur la plage de Scheveningen, transporta une vingtaine de passagers plus vite qu'un cheval au galop, sur plusieurs dizaines de kilomètres. L'engin fit sensation dans toute l'Europe savante et devint un emblème de l'ingéniosité hollandaise : une voiture mue par le seul vent, sur le sable d'une plage de la mer du Nord.

Importance historique

Peu de savants ont autant changé la vie quotidienne sans qu'on le sache : chaque fois que nous écrivons un prix avec des décimales, nous pensons à la manière de Simon Stevin. Mathématicien, ingénieur militaire, hydraulicien, théoricien de la musique et de la mécanique, ce Brugeois établi en Hollande fut l'un des esprits les plus universels de son temps — et le conseiller scientifique d'un prince en guerre.