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Illustre

Francesco Sforza

Duc de Milan, fondateur de la dynastie Sforza

1401-1466·Condottiere·San Miniato (Toscane) / Milan·politique · art de la guerre · urbanisme

Contributions & œuvres

Francesco Sforza a réécrit une des règles tacites de l'Italie du Quattrocento : le pouvoir pouvait se gagner à la pointe de l'épée, sans naître dans le bon lit. Fils illégitime du condottiere Muzio Attendolo Sforza, il apprend le métier des armes et devient le chef de guerre le plus redouté de la péninsule, capitaine convoité que se disputent Milan, Venise, Florence et Naples tour à tour.

Son coup de maître est aussi politique que militaire. Marié en 1441 à Bianca Maria Visconti, fille du duc Filippo Maria, il tient une clef dynastique. À la mort du duc sans héritier mâle en 1447, Milan se proclame République ambrosienne. Sforza s'en empare et se fait proclamer duc de Milan en 1450, fondant une dynastie qui régnera près d'un siècle.

Devenu prince, il gouverne en bâtisseur. Il transforme le Castello Sforzesco en résidence-forteresse et lance l'Ospedale Maggiore, immense hôpital confié à l'architecte Filarete : un chef-d'œuvre d'urbanisme social où le soin aux pauvres devient projet architectural rationnel. Sur l'échiquier italien, il est l'un des artisans de la paix de Lodi (1454), équilibre entre les grandes puissances qui offre à l'Italie une rare génération de stabilité relative. Le condottiere s'était fait fondateur d'État.

Anecdote mémorable

Pour prendre Milan, Sforza n'a pas seulement combattu : il a calculé. En 1449-1450, il assiège la ville qu'il était censé servir et l'affame méthodiquement, jusqu'à ce que la population épuisée lui ouvre les portes. La République ambrosienne, qui l'avait engagé comme capitaine pour la défendre, tombe entre les mains de son propre défenseur. Le jour de son entrée, on raconte que les Milanais l'acclament comme un sauveur — celui-là même qui avait resserré l'étau. L'épisode résume l'homme : la faim comme arme, l'acclamation comme récompense.

Influences reçues

Muzio Attendolo Sforza (son père, condottiere) ; l'école des capitaines mercenaires italiens ; la maison Visconti, dont il hérite la légitimité par mariage.

Influences exercées

La dynastie Sforza (dont Ludovic le More, son fils) ; le mécénat milanais qui attirera Léonard de Vinci et Bramante ; le modèle du condottiere-prince ; l'urbanisme hospitalier de l'Ospedale Maggiore.

Importance historique

Francesco Sforza incarne une figure clef de la Renaissance politique : l'homme neuf qui fonde une dynastie par le mérite, l'épée et le mariage plutôt que par l'hérédité. Son duché fait de Milan un pôle artistique majeur, terrain d'où sortiront les commandes qui retiendront Léonard et Bramante sous ses successeurs. Sa contribution à la paix de Lodi ancre pour une génération l'équilibre entre États italiens. Prince ambigu — bâtisseur d'hôpitaux et affameur de villes —, il illustre mieux que tout autre l'alliage de calcul, de force et de vision qui caractérise le prince du Quattrocento.

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