Devant l'œuvre
Observez l’accumulation des matières précieuses : l’or, les émaux, les gemmes, et surtout le cheval taillé dans une seule pierre, la chalcédoine. Approchez du heaume : sous la visière se cache un minuscule visage de buis, celui du duc Guillaume V. Rappelez-vous que cet objet fut d’abord un reliquaire, conçu vers 1586–1597 pour abriter une relique de saint Georges, et que son socle, lui, est plus tardif, ajouté au XVIIe siècle : ne confondez pas les deux époques.
Symbolisme & lecture iconographique
Saint Georges, le chevalier qui transperce le dragon, est l’image par excellence de la victoire de la foi sur le mal ; dans la Bavière catholique de la fin du XVIe siècle, il devient emblème de la lutte contre l’hérésie. Prêter au saint le visage caché du duc, c’est inscrire le prince lui-même dans ce combat sacré. La profusion des gemmes transpose dans la matière la gloire céleste promise au juste.
Analyse des émotions
La pièce fascine par son éclat presque irréel : un cavalier de pierre et d’or, hissé au rang de joyau. L’émerveillement devant les gemmes se double d’un trouble lorsque l’on apprend qu’un visage humain, celui du prince, se dissimule derrière l’acier émaillé : la dévotion s’y fait intime, presque secrète.
Secrets & mystères
Le visage de buis dissimulé sous la visière, aux traits du duc Guillaume V, est le secret le mieux gardé de l’œuvre : on ne le découvre qu’en relevant le heaume. Le partage exact entre les ateliers de Munich et d’Augsbourg, et l’étendue précise de l’intervention de Friedrich Sustris, demeurent débattus.
Le saviez-vous ?
Sous la visière mobile du heaume se dissimule un petit visage taillé dans le buis, aux traits du duc Guillaume V de Bavière : le commanditaire s’est ainsi fait représenter en saint Georges, caché derrière l’armure.
