Contexte économique, social et religieux
À voir : au bout d'une allée boisée, la haute maison-tour de Monea, le mieux préservé de tous les châteaux de la Plantation d'Ulster, encore ceint de son bawn. Le regard monte le long des deux tours du front d'entrée : leur sommet est porté par une série de corbeaux moulurés, chaque assise de pierre débordant celle du dessous — la technique écossaise de l'encorbellement, qui permet de coiffer les tours rondes de caphouses carrées posées en diagonale et couvertes de pignons à redents (crow-stepped gables). Tout ce vocabulaire — encorbellement, caphouses, pignons dentelés — vient tout droit des tower houses d'Écosse. Le château fut bâti vers 1618 par le recteur de Devenish, le révérend Malcolm Hamilton, Écossais promu archevêque de Cashel en 1623 ; son bawn à deux flanqueurs circulaires fut ajouté vers 1622. Le « décor sculpté » de Monea est ainsi tout entier architectural : c'est la maçonnerie elle-même qui, par ses encorbellements et ses pignons, signe l'esthétique de la Plantation.
Le saviez-vous ?
Les tours rondes coiffées de logettes carrées en diagonale de Monea ressemblent tant à un château écossais qu'on les compare souvent à Claypotts, près de Dundee : la Plantation a littéralement transplanté un morceau d'Écosse au cœur du Fermanagh.


