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Rose de la façade sud de Notre-Dame de Paris (fragments de vitraux XIIIe siècle)

Vitrail

Rose de la façade sud de Notre-Dame de Paris (fragments de vitraux XIIIe siècle)

Maîtres verriers parisiens (atelier de Notre-Dame)

v. 1257–1270·Verre teinté dans la masse, grisaille, plombs·Musée de Cluny — Musée national du Moyen Âge

Devant l'œuvre

Ces fragments proviennent de la rose sud de Notre-Dame de Paris — non pas celle qu'on voit aujourd'hui (refaite par Viollet-le-Duc au XIXe siècle), mais les panneaux originaux du XIIIe siècle qui en furent retirés lors des restaurations et qui aboutirent à Cluny. La rose sud de Notre-Dame était consacrée au Nouveau Testament et à la Passion — son programme iconographique était l'un des plus sophistiqués de toute la sculpture et la peinture médiévale parisienne. Ces fragments sont donc des fragments du chef-d'œuvre disparu.

Symbolisme & lecture iconographique

La rose de la cathédrale gothique est un symbole cosmique : elle représente la roue du temps (les mois, les saisons, les âges de la vie) disposés autour du Christ ou de la Vierge en gloire au centre. C'est l'image du monde ordonné par le divin. Ces fragments en sont les tesselles éparpillées — les pièces d'un cosmos brisé.

Analyse des émotions

Tenir dans les mains (ou voir dans une vitrine) un fragment de vitrail de Notre-Dame du XIIIe siècle, c'est toucher quelque chose qui a vu passer saint Louis, Philippe le Bel, les rois de France, les siècles — et qui est là, encore intact, encore lumineux quand on tient la lumière derrière. C'est une émotion de continuité temporelle vertigineuse.

Secrets & mystères

L'histoire des vitraux de Notre-Dame est une histoire de destructions et de reconstructions permanentes. La révolution, le XIXe siècle, les guerres — chaque époque a laissé ses traces dans la cathédrale. L'incendie de 2019 n'est que le dernier chapitre d'une longue série. Ces fragments à Cluny sont des survivants d'une époque où personne ne pensait encore à 'conserver' les œuvres d'art médiévales — ils ont survécu par hasard, par négligence bienveillante, par la curiosité de quelques collectionneurs.

Le saviez-vous ?

Après l'incendie de Notre-Dame en avril 2019, des chercheurs ont retrouvé dans les réserves de plusieurs musées parisiens — dont Cluny — des fragments de vitraux médiévaux dont on ignorait la provenance exacte. L'incendie a déclenché un inventaire systématique qui a révélé que Notre-Dame était 'partout' dans les collections parisiennes — et qu'on pouvait peut-être en reconstituer davantage qu'on ne pensait.

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