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Retable des Saints et Martyrs

Retable

Retable des Saints et Martyrs

Jacques de Baerze (sculpture) — volets peints perdus

1390–1399·Bois sculpté, doré et polychromé·Musée des Beaux-Arts de Dijon

Devant l'œuvre

Ce retable sculpté est le pendant du Retable de la Crucifixion — même commanditaire (Philippe le Hardi), même sculpteur (Jacques de Baerze), même époque (1390–1399). Mais ses volets peints par Broederlam ont disparu — seule la partie sculptée intérieure subsiste. C'est une dentelle de bois doré : des niches architecturales gothiques abritent des saints et des martyrs identifiables à leurs attributs, sculptés avec une finesse d'orfèvre. La dorure originale, malgré les siècles, conserve encore une partie de son éclat. Ce retable était destiné à l'autel de la salle du chapitre de la chartreuse de Champmol.

Symbolisme & lecture iconographique

Les saints et martyrs représentés dans un retable d'autel sont les intercesseurs privilégiés — ceux dont la prière, en raison de leur sacrifice terrestre, est particulièrement entendue par Dieu. Choisir quels saints peupleront un retable était donc un acte théologique et politique : Philippe le Hardi plaçait ses prières sous la protection d'un panthéon sélectionné.

Analyse des émotions

Ce retable sans ses volets a quelque chose d'incomplet — comme un livre auquel il manquerait sa couverture. Et pourtant la partie sculptée seule est extraordinaire : la dentelle de l'or sur le bois, la précision des figures dans leurs niches, la finesse des drapés. C'est un chef-d'œuvre à demi-visible, qui fait rêver à ce qu'il était quand il était entier.

Secrets & mystères

Où sont les volets peints du Retable des saints et martyrs ? Ils furent peints par Broederlam au même moment que ceux du Retable de la Crucifixion — mais ils disparurent entre le XVIIe et le XIXe siècle. Aucune piste sérieuse n'a permis de les localiser. Ils sont peut-être détruits, peut-être dans une collection privée sous une attribution erronée, peut-être dans un grenier oublié quelque part en Europe. La redécouverte de ces volets perdus serait l'une des plus grandes révélations de l'histoire de l'art médiéval.

Le saviez-vous ?

Jacques de Baerze, le sculpteur des deux retables de Champmol, est presque inconnu en dehors de ces deux œuvres. Son nom apparaît dans les comptes de la chartreuse comme 'Jacques de Baerze, tailleur d'images à Termonde' — un artisan, pas un artiste au sens moderne du terme. Et pourtant ses deux retables comptent parmi les chefs-d'œuvre de la sculpture européenne du XIVe siècle.

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