Devant l'œuvre
Racontez l'épisode Stoss : le bois nu, mal compris, fut peint après coup. Montrez la figure de Marie-Madeleine aux six anges, pièce maîtresse conservée à Munich, et situez les autres fragments (Évangélistes à Berlin, saints Kilian et Élisabeth restés à Münnerstadt). Expliquez l'invention du retable monochrome, future signature du maître.
Symbolisme & lecture iconographique
La Madeleine pénitente, vêtue de ses seuls longs cheveux et élevée au ciel par six anges, figure le rachat de la pécheresse par la grâce : la chair couverte de la chevelure dit l'ascèse, l'élévation dit le pardon. Le choix du bois nu, sans or ni couleur, revêt lui-même une dimension spirituelle de dépouillement.
Analyse des émotions
La Madeleine respire une douceur extatique, le visage tourné vers le ciel ; le jeu des ombres dans les creux du bois nu remplace l'éclat de la dorure et crée une émotion plus sobre, intérieure, presque murmurée. La nudité couverte de cheveux émeut sans jamais verser dans le pathétique.
Secrets & mystères
L'épisode le plus célèbre de l'histoire de l'art allemand : livré en bois nu, le retable fut quelques années plus tard confié à Veit Stoss pour être mis en couleur — deux des plus grands sculpteurs franconiens indirectement opposés. Le démembrement a dispersé l'ensemble entre Munich, Berlin et Münnerstadt.
Le saviez-vous ?
La figure centrale appartient au Bayerisches Nationalmuseum depuis 1901, acquise de la collection de la famille Sattler : le chef-d'œuvre avait quitté sa chapelle de Basse-Franconie pour une collection privée avant de rejoindre le musée de Munich.
