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Calvaire monumental de Saint-Thégonnec

Calvaires monumentaux

Calvaire monumental de Saint-Thégonnec

Roland Doré (atelier de Landerneau)

Histoire

Le calvaire de Saint-Thégonnec, daté de 1610, est l'œuvre du grand maître breton Roland Doré (vers 1580-1660), figure majeure de la sculpture bretonne de la fin de la Renaissance et du début du baroque. Doré dirigeait à Landerneau l'atelier le plus prolifique de la basse-Bretagne, qui produisit pendant un demi-siècle des dizaines de calvaires, Pietà, retables et statues dispersés dans tout le Léon et la Cornouaille.

L'enclos paroissial de Saint-Thégonnec — composé de l'église, du cimetière, de l'ossuaire, de la porte triomphale et du calvaire — est l'un des plus complets et les plus spectaculaires de Bretagne, fruit d'un demi-siècle d'enrichissement architectural (1559-1682) financé par les richesses du commerce des toiles de lin. La rivalité avec la paroisse voisine de Guimiliau, à seulement 3 kilomètres, conduisit chaque communauté à surpasser l'autre en magnificence.

Le calvaire lui-même prend la forme d'une plate-forme massive portée par des piliers, surmontée de la croix centrale du Christ encadrée des deux larrons. Sur la plate-forme, plus de quarante personnages sculptés en haut-relief illustrent les épisodes de la Passion — Cène, Trahison de Judas, Couronnement d'épines, Flagellation, Portement de croix, Crucifixion, Descente de croix, Mise au tombeau, Résurrection. La précision des détails, la qualité des visages, le mouvement des draperies trahissent la maturité technique de l'atelier Doré.

Le calvaire fut gravement endommagé en 1998 par un acte de vandalisme : un visiteur ivre brisa plusieurs sculptures à coups de marteau. La restauration, financée par la municipalité et la Fondation du Patrimoine, dura plusieurs années et permit de remettre en place les fragments les plus précieux. L'enclos paroissial est classé MH depuis 1889.

À voir absolument

  • Le Christ central crucifié, encadré des deux larrons (le bon, le mauvais), au sommet du calvaire
  • La scène de la Cène, sur la frise principale — Jésus et les douze apôtres autour de la table
  • La Trahison de Judas, où l'apôtre traître embrasse le Christ devant les soldats
  • Le portement de croix, scène mouvementée avec Simon de Cyrène
  • La Mise au tombeau en bas-relief miniature, écho aux grands sépulcres lorrains et champenois
  • La Résurrection, où le Christ surgit du tombeau au-dessus de gardes assoupis
  • Les soldats romains en costume contemporain breton XVIe-XVIIe
  • L'ensemble de l'enclos paroissial : église Notre-Dame (1599-1714), porte triomphale (1587), ossuaire-chapelle (1676)
  • Le retable intérieur de l'église (1709), chef-d'œuvre baroque qui couronne le sanctuaire

Anecdotes & secrets

Roland Doré (vers 1580-1660) est l'un des plus grands sculpteurs bretons jamais connus. Né à Landerneau, formé probablement dans l'atelier des Prigent dont il prit la succession, il signa ou fut associé à plus de vingt calvaires monumentaux dispersés dans le Finistère et les Côtes-d'Armor : Saint-Thégonnec, Guimiliau, Sainte-Catherine, Plourac'h, Bulat-Pestivien, Pleyben (partiellement), Plougonven (compléments), entre autres. Sa signature Roland Doré me fecit figure sur plusieurs œuvres, fait inhabituel à l'époque qui souligne l'orgueil professionnel de l'atelier.

Le vandalisme de 1998 est l'un des actes les plus graves perpétrés contre le patrimoine breton récent. Un visiteur sous l'emprise de l'alcool s'attaqua au calvaire avec un marteau, brisant plusieurs visages et détachant des fragments. L'émotion fut considérable dans la région et au-delà. La justice condamna le coupable à des peines lourdes et la restauration mobilisa les meilleurs artisans bretons. L'épisode rappelle la fragilité du patrimoine en plein air, soumis non seulement à l'érosion naturelle mais aussi aux humeurs humaines.

Conseils de visite

Calvaire visible librement à toute heure, en plein air. Combiner impérativement avec la visite de l'église Notre-Dame (intérieur baroque exceptionnel), de la porte triomphale, et de l'ossuaire transformé en chapelle. La chapelle funéraire abrite un saint sépulcre Renaissance polychrome, complément précieux à la visite. Pour les amateurs de calvaires, combiner avec Guimiliau (3 km), Lampaul-Guimiliau (5 km), Sizun (15 km). Saint-Thégonnec accessible depuis Morlaix en voiture (15 min). Crêperie traditionnelle dans le bourg pour le déjeuner.

Contexte économique, social et religieux

Le calvaire de Saint-Thégonnec, daté de 1610, est l'œuvre du grand maître breton Roland Doré (vers 1580-1660), figure majeure de la sculpture bretonne de la fin de la Renaissance et du début du baroque. Doré dirigeait à Landerneau l'atelier le plus prolifique de la basse-Bretagne, qui produisit pendant un demi-siècle des dizaines de calvaires, Pietà, retables et statues dispersés dans tout le Léon et la Cornouaille.

Sites à proximité du Église Notre-Dame de Saint-Thégonnec (enclos paroissial)(< 10 km)

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