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✦ Monument ✦

La basilique Saint-Ulrich-et-Sainte-Afra d'Augsbourg

Religieux·Augsbourg

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À voir

Entrez dans le chœur et laissez-vous saisir par trois autels hauts de plusieurs étages : Noël, Résurrection, Pentecôte, les trois grandes fêtes dressées comme un théâtre sacré par le sculpteur Hans Degler (1604-1607). Ils ne sont pas innocents. À Augsbourg, ville partagée entre les deux confessions depuis 1555, Saint-Ulrich-et-Afra est le grand sanctuaire catholique — et, juste à côté, se dresse l'église protestante Saint-Ulrich. Ces autels somptueux sont une réponse, l'affirmation de la Contre-Réforme en face du voisin réformé. Dans l'arc Simpert veillent encore des statues de terre cuite du Florentin Carlo Pallago (1582) : sous nos yeux, la Renaissance tardive bascule dans le premier baroque.# La basilique Saint-Ulrich-et-Sainte-Afra d'AugsbourgÀ l'extrémité de la Maximilianstraße, Saint-Ulrich-et-Afra dresse sa haute silhouette de brique et son bulbe. Ancienne abbatiale bénédictine, sanctuaire des saints patrons de la ville, c'est une église-halle du gothique tardif (1474-1500). Mais son trésor appartient à la fin de la Renaissance : les trois autels monumentaux de Hans Degler (1604-1607) et la Crucifixion en bronze de Hans Reichle (1605), qui font du chœur un théâtre sacré au seuil du baroque.

Ce qu'il faut regarder

Avancez vers le chœur oriental : trois autels monumentaux, dus au sculpteur Hans Degler entre 1604 et 1607, y figurent les trois plus grandes fêtes chrétiennes — la Nativité, la Résurrection, la Pentecôte. Hauts de plusieurs étages, peuplés de figures peintes et dorées, ils transforment le fond de l'église en une vaste scène. Le maître-autel, dont le projet est attribué à Hans Krumper, porte au centre une Nativité.

Cherchez ensuite le groupe de la Crucifixion en bronze : Hans Reichle le modela et Wolfgang Neidhardt le coula en 1605 — le Christ, Marie-Madeleine, la Vierge et saint Jean. Ne manquez pas la chaire de chêne de Degler (1608), portée de colonnes corinthiennes, ni la chapelle Simpert et son arc de 1496, orné de statues en terre cuite du Florentin Carlo Pallago (1582). Ces œuvres, à la charnière de la Renaissance tardive et du premier baroque, se lisent comme le passage d'un âge à l'autre.

Histoire

La basilique actuelle fut commencée en 1474 par le maître strasbourgeois Valentin Kindlin et menée vers 1500 par Burkhart Engelberg, maître d'œuvre de la ville. Le chœur fut achevé en 1603/04, l'église consacrée en 1607. Abbatiale des bénédictins et lieu de pèlerinage aux reliques de saint Ulrich et de sainte Afra, elle demeura l'un des grands foyers catholiques d'Augsbourg.

Or Augsbourg était, depuis la Paix de 1555, une ville biconfessionnelle : catholiques et protestants y coexistaient. Face à l'église protestante voisine (l'actuelle Saint-Ulrich évangélique, bâtie contre le portail), Saint-Ulrich-et-Afra affirma la splendeur catholique. C'est dans ce contexte de Contre-Réforme que la communauté commanda, au tournant de 1600, les grands autels de Degler et le bronze de Reichle — un décor pensé pour éblouir et convaincre.

Symboles et secrets

Les trois autels forment un cycle : en réunissant Noël, Pâques et la Pentecôte, ils résument l'histoire du salut, de l'Incarnation à la venue de l'Esprit. Leur monumentalité n'est pas gratuite : dans une ville partagée, l'éclat de l'image catholique répond au dépouillement protestant. Le bronze de Reichle, matière noble et coûteuse, affiche la richesse de la fondation. Jusque dans la terre cuite de Pallago, la basilique mêle les mains italiennes et allemandes, souabes et florentines.

Pourquoi ça compte

Parce que Saint-Ulrich-et-Afra conserve l'un des plus beaux ensembles de la sculpture allemande autour de 1600, au moment exact où la Renaissance tardive cède au baroque. Et parce que ce décor raconte, par sa splendeur même, la coexistence et la rivalité des confessions dans l'Augsbourg du XVIe siècle. On y voit un style naître d'un autre, et une foi s'affirmer par l'art.

(fin)

Histoire

La basilique actuelle fut commencée en 1474 par le maître strasbourgeois Valentin Kindlin et menée vers 1500 par Burkhart Engelberg, maître d'œuvre de la ville. Le chœur fut achevé en 1603/04, l'église consacrée en 1607. Abbatiale des bénédictins et lieu de pèlerinage aux reliques de saint Ulrich et de sainte Afra, elle demeura l'un des grands foyers catholiques d'Augsbourg.

Or Augsbourg était, depuis la Paix de 1555, une ville biconfessionnelle : catholiques et protestants y coexistaient. Face à l'église protestante voisine (l'actuelle Saint-Ulrich évangélique, bâtie contre le portail), Saint-Ulrich-et-Afra affirma la splendeur catholique. C'est dans ce contexte de Contre-Réforme que la communauté commanda, au tournant de 1600, les grands autels de Degler et le bronze de Reichle — un décor pensé pour éblouir et convaincre.

Sources

  1. 1.Wikipedia DE « St. Ulrich und Afra (Augsburg) »
  2. 2.Bistum Augsburg — Basilika St. Ulrich und Afra

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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026

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