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✦ Monument ✦

La pharmacie du conseil de Görlitz

Architecture civile·Görlitz

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À voir

L'apothicaire du conseil, parmi ses drogues et ses épices, n'avait qu'à sortir sur l'Untermarkt pour lire l'heure — mais laquelle ? Sur la façade sud, deux grands cadrans peints en 1550 ne disent pas la même chose. Le Solarium, à gauche, aligne par des lignes rouges les heures communes, italiennes et babyloniennes ; l'Arachne, à droite, donne les heures planétaires et les signes du zodiaque. Un seul mur, plusieurs façons de mesurer le temps : nous sommes à Görlitz, ville d'astronomes et de curieux du ciel, patrie du mystique Jakob Böhme.# La pharmacie du conseil de GörlitzSur l'Untermarkt de Görlitz, la façade de l'ancienne pharmacie du conseil porte deux grands cadrans solaires peints, savants et colorés, réalisés en 1550 par Zacharias Scultetus. L'un lit les heures communes, italiennes et babyloniennes ; l'autre, les heures des planètes. Sur un même mur, la Renaissance a inscrit plusieurs façons de mesurer le temps.

Ce qu'il faut regarder

Cherchez, sur la façade sud, entre le premier et le deuxième étage, les deux cadrans peints côte à côte. Celui de gauche, le Solarium, est hérissé de lignes : des traits rouges y marquent les heures « communes » (de sept heures du matin à quatre heures du soir), mais aussi les heures à l'italienne et à la babylonienne, comptées autrement. Celui de droite, l'Arachne (du nom de la toile d'araignée que dessine son réseau de lignes), permet de lire les heures planétaires : des zones rouges et blanches y figurent les portions du ciel avec leur signe du zodiaque.

Le reste de la maison, d'angle, garde sa silhouette Renaissance ; le portail en anse de panier et les arcs du rez-de-chaussée datent d'un réaménagement plus tardif (1771), quand la pharmacie y fut transférée.

Histoire

Un bâtiment gothique plus ancien est transformé et modernisé dans le style Renaissance vers 1550-1552, par Wendel Roskopf le Jeune, pour le marchand Hans Hoffmann. C'est à cette campagne qu'appartiennent les cadrans, peints dès 1550 par Zacharias Scultetus. Görlitz est alors un foyer de savoir : la ville comptera parmi ses enfants l'astronome et cartographe Bartholomäus Scultetus, et, un peu plus tard, le mystique Jakob Böhme.

La maison ne devient « pharmacie du conseil » qu'au XVIIIᵉ siècle : Benjamin August Struve y installe son officine en 1771. Mais les cadrans, eux, remontent au cœur de la Renaissance.

La Haute-Lusace de ces années est un terreau singulier : à Görlitz naîtra, en 1575 près de la ville, le cordonnier et mystique Jakob Böhme, dont la pensée embrassera le ciel et la terre ; et c'est de cette même famille Scultetus que sortira l'astronome et maire Bartholomäus, auteur de l'horloge de l'hôtel de ville. Les deux cadrans de la pharmacie appartiennent à cette curiosité savante : ils ne se contentent pas de donner l'heure, ils affichent une science. Lire sur un mur de rue l'heure « commune », l'heure « italienne », l'heure « babylonienne » et l'heure des planètes, c'était, pour le passant, toucher du regard l'ordre même du temps et du ciel.

Symboles et secrets

Pourquoi plusieurs systèmes d'heures sur un même mur ? Parce que la Renaissance, héritière du Moyen Âge et avide d'Antiquité, jongle encore avec plusieurs manières de compter le temps : l'heure « commune » du cadran ordinaire, l'heure « italienne » comptée à partir du coucher du soleil, l'heure « babylonienne » à partir du lever, et les « heures planétaires » de l'astrologie, qui divisent le jour selon la domination successive des astres. Afficher tout cela en public, c'est faire de la façade un instrument scientifique et un signe de prestige intellectuel.

L'Arachne, surtout, relève d'une culture savante : lire l'heure d'une planète, c'était aussi, à l'époque, lire une influence — la frontière entre astronomie et astrologie n'était pas tracée.

Pourquoi ce monument compte

Parce qu'il montre une Renaissance moins connue : non pas celle des palais, mais celle du savoir urbain. Une maison marchande de Görlitz se couvre, dès 1550, d'un décor qui est aussi une leçon d'astronomie. Les cadrans de Scultetus font de la rue un cabinet de curiosités à ciel ouvert, et de la mesure du temps un ornement civique.

Histoire

Un bâtiment gothique plus ancien est transformé et modernisé dans le style Renaissance vers 1550-1552, par Wendel Roskopf le Jeune, pour le marchand Hans Hoffmann. C'est à cette campagne qu'appartiennent les cadrans, peints dès 1550 par Zacharias Scultetus. Görlitz est alors un foyer de savoir : la ville comptera parmi ses enfants l'astronome et cartographe Bartholomäus Scultetus, et, un peu plus tard, le mystique Jakob Böhme.

La maison ne devient « pharmacie du conseil » qu'au XVIIIᵉ siècle : Benjamin August Struve y installe son officine en 1771. Mais les cadrans, eux, remontent au cœur de la Renaissance.

La Haute-Lusace de ces années est un terreau singulier : à Görlitz naîtra, en 1575 près de la ville, le cordonnier et mystique Jakob Böhme, dont la pensée embrassera le ciel et la terre ; et c'est de cette même famille Scultetus que sortira l'astronome et maire Bartholomäus, auteur de l'horloge de l'hôtel de ville. Les deux cadrans de la pharmacie appartiennent à cette curiosité savante : ils ne se contentent pas de donner l'heure, ils affichent une science. Lire sur un mur de rue l'heure « commune », l'heure « italienne », l'heure « babylonienne » et l'heure des planètes, c'était, pour le passant, toucher du regard l'ordre même du temps et du ciel.

Sources

  1. 1.Wikipedia DE « Ratsapotheke (Görlitz) »
  2. 2.Kulturhistorisches Museum Görlitz — Sonnenuhren der Ratsapotheke
  3. 3.Dehio-Handbuch der deutschen Kunstdenkmäler, Sachsen

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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026

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