À voir
Sur le Heiligeweg, coincée entre les vitrines, une porte de pierre Renaissance en dit plus long qu'un long récit. Elle est datée de 1603 et attribuée à Hendrick de Keyser. C'est tout ce qui reste du Rasphuis, la maison de correction des hommes fondée en 1596 dans un ancien couvent de Clarisses.
Le relief est saisissant : un charretier debout sur un chariot chargé de billes de bois, tiré par un attelage de six lions. L'image est un rébus moral. Au Rasphuis, on « râpait » (rasp) du bois de teinture tropical, ramené du Brésil, pour en tirer des pigments — d'où le nom. Mais surtout, l'institution incarnait une idée neuve : la peine devait réformer plutôt que seulement punir. Un voleur de seize ans, qu'on jugea trop jeune pour le fouet ou l'exil, fut à l'origine du projet. La devise gravée résume la doctrine : Wilde beesten moet men temmen, « on doit dompter les bêtes sauvages ». Vers 1700, le couronnement fut remplacé par un groupe sculpté, la Castigatio : la Vierge de la ville châtiant deux hommes enchaînés.
À voir : le relief aux six lions, la devise gravée et le groupe de la Castigatio au sommet.
Le saviez-vous ?
Le Rasphuis attirait tant les curieux qu'on y montrait, moyennant finance, un cachot spécial : le récalcitrant y était enfermé dans une cave que l'on inondait lentement, et devait pomper sans relâche pour ne pas se noyer — légende tenace de la « cave à noyade » qui hante l'histoire de la maison.
Infos / repères
Heiligeweg 19, centre d'Amsterdam (le corps du Rasphuis a été démoli en 1892). Rijksmonument n°1482. Porte visible depuis la rue.
Histoire
Sur le Heiligeweg, coincée entre les vitrines, une porte de pierre Renaissance en dit plus long qu'un long récit. Elle est datée de 1603 et attribuée à Hendrick de Keyser. C'est tout ce qui reste du Rasphuis, la maison de correction des hommes fondée en 1596 dans un ancien couvent de Clarisses.
Le relief est saisissant : un charretier debout sur un chariot chargé de billes de bois, tiré par un attelage de six lions. L'image est un rébus moral. Au Rasphuis, on « râpait » (rasp) du bois de teinture tropical, ramené du Brésil, pour en tirer des pigments — d'où le nom. Mais surtout, l'institution incarnait une idée neuve : la peine devait réformer plutôt que seulement punir. Un voleur de seize ans, qu'on jugea trop jeune pour le fouet ou l'exil, fut à l'origine du projet. La devise gravée résume la doctrine : Wilde beesten moet men temmen, « on doit dompter les bêtes sauvages ». Vers 1700, le couronnement fut remplacé par un groupe sculpté, la Castigatio : la Vierge de la ville châtiant deux hommes enchaînés.
À voir : le relief aux six lions, la devise gravée et le groupe de la Castigatio au sommet.
Infos / repères
Heiligeweg 19, centre d'Amsterdam (le corps du Rasphuis a été démoli en 1892). Rijksmonument n°1482. Porte visible depuis la rue.
Contes, légendes & anecdotes
Le Rasphuis attirait tant les curieux qu'on y montrait, moyennant finance, un cachot spécial : le récalcitrant y était enfermé dans une cave que l'on inondait lentement, et devait pomper sans relâche pour ne pas se noyer — légende tenace de la « cave à noyade » qui hante l'histoire de la maison.
Sources
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Fiche mise à jour le 1 octobre 2026






