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Palais della Corgna
Sur une pointe dominant le lac Trasimène, à Castiglione del Lago, le Palais della Corgna fut la résidence d'apparat d'une famille étonnante : les della Corgna, apparentés au pape Jules III, qui régnèrent sur ce petit fief entre Toscane et Ombrie. Bâti de 1550 à 1563 — la tradition évoque Galeazzo Alessi et même le Vignole parmi les architectes —, le palais fut surtout la scène d'Ascanio della Corgna, condottiere balafré et bretteur légendaire, l'un des plus fameux capitaines de son temps, réputé pour ses duels et ses exploits militaires. Pour glorifier sa maison, Ascanio fit couvrir les salles de fresques éclatantes entre 1574 et 1590, dues notamment à Niccolò Circignani (le Pomarancio) et Salvio Savini : cycles mythologiques et scènes des hauts faits d'Ascanio lui-même, transformé en héros antique. Relié à la forteresse médiévale voisine (la Rocca del Leone) par un passage couvert, le palais forme un ensemble unique où se lisent la Renaissance seigneuriale, l'orgueil d'un condottiere et le raffinement d'une petite cour au bord de l'eau.
Ce qu'il faut voir absolument
Ce palais est le théâtre peint de la gloire d'un condottiere : lève les yeux et lis, salle après salle, la légende qu'Ascanio della Corgna a voulu laisser de lui-même.
- Les cycles de fresques (Pomarancio, Savini) : entre et lève les yeux dans chaque salle — les murs et plafonds ruissellent de fresques maniéristes (1574-1590) : dieux, héros antiques, allégories. C'est le trésor du palais. Cherche l'éclat des couleurs et la profusion des scènes.
- Les hauts faits d'Ascanio : dans plusieurs salles, cherche les scènes qui racontent les exploits militaires d'Ascanio della Corgna lui-même — batailles, duels — souvent transposés en épisodes mythologiques ou antiques pour hausser le condottiere au rang de héros classique. Le propriétaire se met en scène en demi-dieu.
- La Sala dell'Investitura et les grandes salles d'apparat : parcours l'enfilade — chaque pièce a son programme peint ; observe comment les fausses architectures peintes prolongent l'espace réel (illusionnisme maniériste).
- Le passage vers la Rocca del Leone : cherche le couloir couvert qui relie le palais à la forteresse médiévale voisine — un cordon ombilical entre la demeure de plaisir Renaissance et le château fort, entre le raffinement et la guerre.
- La vue sur le Trasimène : mets-toi aux fenêtres ou sur les terrasses — le palais domine le lac Trasimène ; la position, choisie pour le prestige et le contrôle du territoire, fait partie de l'œuvre.
- Le jardin à l'italienne : cherche les traces du jardin qui accompagnait le palais — parterres et perspectives typiques d'une résidence seigneuriale de la fin de la Renaissance.
- La mémoire d'Ascanio le balafré : garde en tête la figure du commanditaire — condottiere au visage marqué, duelliste redouté, il fit de ce palais le monument peint de sa propre gloire. Chaque fresque parle de lui.
Secrets et curiosités
Le Palazzo della Corgna de Castiglione del Lago fut édifié de 1550 à 1563 pour la famille della Corgna, apparentée au pape Jules III ; la tradition attribue le projet à Galeazzo Alessi, avec une possible intervention du Vignole. Son commanditaire le plus célèbre, Ascanio della Corgna (1516-1571), fut l'un des condottieres les plus réputés de son siècle. Les fresques intérieures (1574-1590), dues à Niccolò Circignani dit le Pomarancio et à Salvio Savini, mêlent mythologie et célébration des exploits d'Ascanio. Le palais est relié à la forteresse médiévale (Rocca del Leone) par un passage couvert. L'ensemble est aujourd'hui un musée.
Le saviez-vous ?
Ascanio della Corgna, le maître des lieux, était un personnage digne d'un roman de cape et d'épée : condottiere au visage balafré, il passait pour l'un des meilleurs bretteurs d'Italie, et sa réputation de duelliste était telle qu'on venait de loin le défier. La légende raconte qu'il remporta un duel judiciaire retentissant qui fit sa gloire. Rentré de ses campagnes, ce guerrier fit peindre les murs de son palais de scènes où ses propres exploits se mêlent à ceux des héros antiques — manière, pour un homme d'épée, de graver sa légende non dans le marbre mais dans la fresque, et de continuer à combattre, pour l'éternité, sur les plafonds de sa demeure.
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Fiche mise à jour le 25 septembre 2026

