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Great Fosters

✦ Monument ✦

Great Fosters

Château / Demeure·Egham

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À voir

À Egham, aux portes du Grand Parc de Windsor, Great Fosters dresse ses tourelles de brique rouge et ses pignons sur un domaine de jardins et de douves. La demeure, du milieu du XVIᵉ siècle, compte parmi les beaux exemples de l'architecture domestique Tudor du Surrey : brique chaude rehaussée de pierre, toitures de tuiles, et surtout de hautes tours carrées montant à hauteur des pignons et abritant les escaliers, qui donnent à la maison sa silhouette massive et affirmée sur trois niveaux. L'ensemble forme à l'origine un corps en U, disposition caractéristique de la grande maison élisabéthaine.

La construction se situe vers 1550. Une tradition tenace veut que Great Fosters ait d'abord servi de pavillon de chasse royal, lié à Henri VIII et à la proximité du Grand Parc de Windsor dont le domaine faisait jadis partie ; on rattache aussi la mémoire du lieu à Anne Boleyn et à la jeune Élisabeth. Il faut accueillir ces récits avec la prudence qui s'impose : séduisants, ils reposent largement sur la tradition plutôt que sur des preuves documentaires fermes, et nous les rapportons comme tels. Ce qui est en revanche solidement attesté, et visible aujourd'hui encore, c'est le témoignage gravé au-dessus du porche d'entrée : les armes royales d'Élisabeth Iʳᵉ, datées de 1598. Ce blason royal, qui marque vraisemblablement une visite ou un lien direct avec la couronne, est la signature la plus sûre de l'ancrage élisabéthain de la maison. S'y ajoute le nom de Sir John Dodderidge (1555-1628), juge au King's Bench et ancien Solicitor General de Jacques Iᵉʳ, qui posséda Great Fosters et dont l'épitaphe, à la cathédrale d'Exeter, précise qu'il « quitta cette vie à Forsters près d'Egham dans le Surrey ».

La demeure fut remaniée au début du XVIIᵉ siècle — une brique légèrement plus grande dans le porche en garde la trace, de même que les hautes cheminées, détruites par un bombardement durant la Seconde Guerre mondiale puis remplacées par des répliques. Mais l'esprit élisabéthain demeure, dans le dessin en U, la brique, les tours d'escalier et la sobre élégance des façades. Autour de la maison s'étendent des jardins devenus célèbres : parterres classés, douves anciennes que la tradition dit saxonnes, pont d'inspiration japonaise, longue perspective d'eau. Cet écrin paysager, pour partie plus tardif, prolonge aujourd'hui l'esprit de villégiature qui caractérisa toujours le lieu.

La proximité de Windsor n'est pas un hasard de géographie : tout ce coin du Surrey vivait dans l'ombre du grand parc royal, terrain de chasse des souverains et lieu de séjour de la cour en déplacement. Une demeure de brique comme Great Fosters, bâtie à portée des futaies royales, tirait de ce voisinage une partie de son prestige ; posséder une maison aux abords du domaine du roi, c'était participer, fût-ce de loin, à la vie de la monarchie. Les tours d'escalier, les pignons et la brique soigneusement appareillée traduisent cette ambition de paraître, dans les limites d'une fortune de gentry aisée plutôt que de haute aristocratie — ce qui rend le lieu d'autant plus représentatif de son temps.

Great Fosters occupe dans notre atlas une place à la fois modeste et éclairante. Modeste, car ce n'est ni un palais royal ni la demeure d'un grand du royaume, mais une belle maison de campagne cossue. Éclairante, car elle illustre parfaitement un type essentiel de l'Angleterre élisabéthaine : la résidence de brique aux abords des terrains de chasse royaux, où la petite et moyenne noblesse affichait sa prospérité et sa proximité avec la cour. Les armes de 1598 au-dessus du porche résument cette ambition : marquer la pierre du signe royal, inscrire sa maison dans l'orbite de la souveraine. Pour qui s'avance sous ce porche, Great Fosters offre moins le récit d'un événement que l'image fidèle d'un art de vivre — celui de la gentry du Surrey au crépuscule du règne d'Élisabeth.

Histoire

Great Fosters fut bâti vers 1550 comme demeure élisabéthaine en brique, en plan en U, aux abords du Grand Parc de Windsor dont le domaine faisait alors partie. Une tradition, séduisante mais non prouvée, en fait un ancien pavillon de chasse royal lié à Henri VIII, Anne Boleyn et à la jeune Élisabeth. L'élément le mieux attesté est le blason royal d'Élisabeth Iʳᵉ daté de 1598, placé au-dessus du porche, signe probable d'un lien direct avec la couronne. Sir John Dodderidge (1555-1628), juge et ancien Solicitor General de Jacques Iᵉʳ, en fut propriétaire. La maison fut remaniée au début du XVIIᵉ siècle ; ses hautes cheminées, détruites par un bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale, furent remplacées par des répliques. Elle est entourée de jardins réputés, parterres classés, douves anciennes et longues perspectives d'eau.

Contes, légendes & anecdotes

La tradition locale fait de Great Fosters un ancien pavillon de chasse des Tudor et rattache ses chambres à Anne Boleyn et à la jeune Élisabeth ; faute de preuves documentaires, ces récits relèvent de la légende plutôt que de l'histoire établie.

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Fiche mise à jour le 7 octobre 2026

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