HitsMap
Windsor Castle

✦ Monument ✦

Château de Windsor

Château / Demeure·Windsor

Sur place ? Réclamez votre carte et vos points de visite.

À voir

Dominant la vallée de la Tamise depuis sa motte normande, le château de Windsor est la plus ancienne résidence royale encore habitée d'Europe. Sa silhouette, celle d'une forteresse née sous Guillaume le Conquérant et reprise par presque chaque souverain anglais, appartient d'abord au Moyen Âge. Mais c'est à la Renaissance anglaise, sous les Tudor, que Windsor prend une part décisive de l'histoire que nous racontons ici, et le château ne cache rien de ses strates : on y lit, pierre après pierre, le passage des siècles.

La trace Tudor la plus immédiate accueille le visiteur dès l'entrée inférieure. La porte dite de Henri VIII, élevée en 1511, porte sur son panneau sculpté les armes du roi accolées à la grenade de Catherine d'Aragon, sa première épouse. Ce fruit héraldique, emblème de la reine venue d'Espagne, grave dans la pierre un mariage que l'histoire défera bruyamment : il faut imaginer, en le regardant, tout ce que les décennies suivantes allaient bouleverser. Non loin, le Cloître en fer à cheval, bâti par Édouard IV entre 1478 et 1481 pour les vicaires desservant la chapelle, compose l'un des ensembles de pans de bois les plus émouvants de l'enceinte.

Le cœur de la mémoire renaissante de Windsor est pourtant la chapelle Saint-Georges. Commencée par Édouard IV en 1475, elle fut achevée sous Henri VIII, vers 1528 : son gothique perpendiculaire, sa voûte en éventail et sa forêt de stalles en font l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture religieuse anglaise. C'est là que repose Henri VIII. Enseveli le 16 février 1547, le roi fut déposé auprès de Jane Seymour, sa troisième épouse, morte le 24 octobre 1537 de complications après avoir donné naissance à l'héritier tant espéré, le futur Édouard VI. Jane fut la seule des épouses de Henri à recevoir des funérailles de reine ; sa dépouille avait été conduite en cortège depuis Hampton Court jusqu'à Windsor le 12 novembre 1537. Le tombeau monumental de bronze et de marbre que Henri avait projeté ne fut jamais terminé : un simple dallage de marbre, posé en 1837 sous Guillaume IV, marque aujourd'hui, devant le maître-autel, la sépulture commune du roi et de sa reine. Peu de lieux disent avec autant de sobriété la distance entre les fastes voulus et la réalité léguée.

Windsor est aussi le foyer spirituel de l'Ordre très noble de la Jarretière, fondé par Édouard III en 1348, la plus haute distinction de la chevalerie britannique. La chapelle Saint-Georges en demeure le siège : ses stalles portent les plaques émaillées, bannières et cimiers des chevaliers, et c'est dans ce décor que les Tudor, grands ordonnateurs de cérémonies, mirent en scène le prestige de la couronne. On imagine aisément, sous ces voûtes, le faste des investitures, les processions en manteaux de velours bleu, la liturgie du pouvoir que la dynastie savait si bien orchestrer pour asseoir sa légitimité encore jeune. Les souverains de la maison Tudor aimèrent profondément ce château. Henri VIII chassait dans le Grand Parc, dont les futaies s'étendaient alors fort loin ; sa fille Élisabeth Iʳᵉ goûtait Windsor l'été et, dit-on, y consacra davantage de dépenses d'aménagement qu'à aucune de ses autres résidences, preuve de l'attachement singulier que la reine portait à ces murs dominant la Tamise.

Ce que l'on voit aujourd'hui tient donc d'un palimpseste : donjon médiéval, appartements d'apparat remaniés jusqu'au XIXᵉ siècle, chapelle gothique où bat la mémoire tudorienne. Pour l'amateur de Renaissance, Windsor n'est pas un décor Renaissance au sens italien du terme — nul ordre classique, nulle villa — mais le théâtre où la monarchie anglaise du XVIᵉ siècle noua son image, célébra ses morts et affirma sa continuité. Se tenir devant la dalle de Henri VIII, c'est se tenir au point où la gloire d'un règne tumultueux se résout en quelques mots gravés dans le marbre, sous les voûtes d'une chapelle que son règne acheva.

Histoire

Fondé par Guillaume le Conquérant au XIᵉ siècle comme forteresse de bois commandant la Tamise, Windsor fut reconstruit en pierre et sans cesse agrandi par les rois d'Angleterre. En 1348, Édouard III y institua l'Ordre de la Jarretière, dont la chapelle Saint-Georges — commencée par Édouard IV en 1475, achevée vers 1528 sous Henri VIII — devint le siège. Les Tudor marquèrent le château : Henri VIII éleva en 1511 la porte qui porte son nom et les armes de Catherine d'Aragon. À la mort du roi, le 28 janvier 1547, il fut enseveli le 16 février dans la chapelle, auprès de Jane Seymour, sa troisième épouse, décédée le 24 octobre 1537 peu après la naissance d'Édouard VI. Le grand tombeau projeté resta inachevé ; une dalle de marbre posée en 1837 sous Guillaume IV marque leur sépulture devant l'autel. Élisabeth Iʳᵉ affectionnait Windsor et y mena d'importants aménagements. Le château, continuellement habité et transformé jusqu'à nos jours, superpose ainsi forteresse normande, chapelle gothique et mémoire tudorienne.

Contes, légendes & anecdotes

Une tradition tenace veut que le fantôme de Henri VIII hante les galeries de Windsor, et l'on rapporte que l'on y entendrait le traînement de sa jambe ulcérée ; l'Ordre de la Jarretière, lui, doit son nom et sa devise « Honni soit qui mal y pense » à une jarretière tombée, selon la légende, au bal d'une dame de cour qu'Édouard III releva pour faire taire les rires.

Votre avis nous dit quoi améliorer : les photos, le texte, la position.

Fiche mise à jour le 7 octobre 2026

Pour aller plus loin

Sites à proximité (< 10 km)