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Église Saint-Yves de La Roche-Maurice (enclos paroissial) — édifice religieux à La Roche-Maurice (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH)

Monument

Église Saint-Yves de La Roche-Maurice (enclos paroissial)

XVIe-XVIIe siècle (église 1520-1589 ; jubé Renaissance 1570)·Religieux·La Roche-Maurice (Finistère (29)) (29)·Classé MH
Église Saint-Yves de La Roche-Maurice (enclos paroissial) — édifice religieux à La Roche-Maurice (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH) — vue 2
Église Saint-Yves de La Roche-Maurice (enclos paroissial) — édifice religieux à La Roche-Maurice (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH) — vue 3
Église Saint-Yves de La Roche-Maurice (enclos paroissial) — édifice religieux à La Roche-Maurice (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH) — vue 4

À voir

Histoire

L'enclos paroissial de La Roche-Maurice est l'un des plus émouvants du Léon, et abrite l'un des deux seuls jubés en bois polychromé Renaissance subsistant en Bretagne (avec celui de Saint-Fiacre-du-Faouët). Le bourg, perché au-dessus de la rivière Élorn au pied d'un éperon rocheux couronné de ruines féodales (le château de La Roche-Maurice, XIe-XIIe siècles), conserve un patrimoine religieux exceptionnel concentré dans son enclos paroissial.

L'église Saint-Yves fut construite entre 1520 et 1589, soit 69 années de chantier sous François Ier, Henri II, et les guerres de Religion (1562-1598). Le style est gothique flamboyant breton glissant vers Renaissance, avec un clocher Renaissance (1589) à trois étages — base flamboyante, étages Renaissance à colonnettes, lanterne à dôme.

L'élément Renaissance majeur est le jubé en bois polychromé sculpté vers 1570, l'un des deux seuls jubés en bois polychromé Renaissance subsistant en Bretagne. Ce jubé, séparant la nef du chœur (institution liturgique abolie au concile de Trente), porte un programme iconographique exceptionnel : statues des douze apôtres, arcatures Renaissance à colonnettes torses, rinceaux d'acanthes, putti, médaillons à l'antique, polychromie originale aux bleus, rouges et ors. L'attribution est anonyme mais le style est attribué à un atelier d'imagier (sculpteur sur bois) du Léon influencé par les modèles français de la vallée de la Loire.

L'ossuaire voisin (1639) porte une célèbre inscription en breton : « Iouank pe coz, paour pe pinvidik, oll d'an ankou émañ-i sammé » (« Jeune ou vieux, pauvre ou riche, tous à la mort sont soumis ») — sentence philosophique inscrite au-dessus de la porte avec une représentation effrayante de l'Ankou (la Mort personnifiée bretonne, squelette tenant la faux).

À voir absolument

  • Le jubé en bois polychromé Renaissance (vers 1570), l'un des deux seuls subsistant en Bretagne, chef-d'œuvre absolu
  • Les statues des douze apôtres sculptées sur le jubé, polychromées
  • Le clocher Renaissance (1589), à trois étages combinant flamboyant et Renaissance
  • L'ossuaire (1639) avec sa célèbre inscription bretonne sur l'Ankou et la représentation de la Mort sculptée
  • Le calvaire monumental (vers 1540-1570) face à l'église
  • La porte triomphale Renaissance marquant l'entrée de l'enclos
  • À l'intérieur de l'église, le maître-autel baroque (XVIIe siècle)
  • Les sablières sculptées de la charpente intérieure
  • Les vitraux Renaissance du chœur (XVIe siècle)
  • Les ruines du château de La Roche-Maurice (XIe-XIIe siècles) surplombant le village

Anecdotes & secrets

L'Ankou est l'une des figures les plus singulières du folklore breton. Personnification de la Mort, il apparaît comme un squelette ou un personnage très maigre, vêtu d'une grande cape noire ou d'un linceul, portant une faux et conduisant une charrette grinçante qui ramasse les morts. Selon la tradition, chaque paroisse a son Ankou propre : c'est le dernier mort de l'année qui devient Ankou pour l'année suivante, et qui doit collecter toutes les âmes de sa paroisse. L'Ankou de l'ossuaire de La Roche-Maurice (sculpté vers 1639) est l'une des plus célèbres représentations de la Mort bretonne — il est devenu un symbole touristique de la basse-Bretagne, reproduit sur cartes postales, faïences, livres.

Saint Yves (Yves Hélory de Kermartin, 1253-1303), patron des avocats et de la Bretagne, est l'un des rares saints juristes de l'histoire chrétienne. Avocat à Tréguier, il défendait gratuitement les pauvres et veuves et orphelins, refusant les pots-de-vin. Devenu prêtre puis curé de Louannec et de Trédrez, il continua sa mission d'avocat des humbles tout en exerçant son ministère sacerdotal. Canonisé en 1347, il est vénéré dans toute la Bretagne — particulièrement dans le Léon où plusieurs paroisses (dont La Roche-Maurice) portent son nom.

Le château de La Roche-Maurice voisin (XIe-XIIe siècles, ruines accessibles gratuitement) appartint aux vicomtes de Léon, puissants seigneurs féodaux qui rivalisaient avec les ducs de Bretagne. Le château fut démantelé en 1492 sur ordre de la duchesse Anne de Bretagne pour empêcher toute rébellion future. Ses ruines dominent le village et offrent une vue spectaculaire sur l'Élorn et l'enclos paroissial.

Conseils de visite

Église ouverte tous les jours de 9h à 19h en été ; clé à la mairie hors saison. Ruines du château : accès libre par sentier de randonnée (15 min depuis le village). Combiner avec la visite des autres enclos paroissiaux voisins (La Martyre à 5 km, Pencran à 6 km, Daoulas à 15 km — Daoulas étant payante mais avec une magnifique abbaye Renaissance). La Roche-Maurice accessible depuis Landerneau en voiture (10 min) ou TER (5 min) puis 1 km à pied.

Pour aller plus loin