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Église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau (enclos paroissial) — édifice religieux à Lampaul-Guimiliau (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH)

Monument

Église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau (enclos paroissial)

1533-1697 (François Ier — Louis XIV) ; mobilier baroque XVIIe·Religieux·Lampaul-Guimiliau (Finistère (29)) (29)·Classé MH
Église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau (enclos paroissial) — édifice religieux à Lampaul-Guimiliau (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH) — vue 2
Église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau (enclos paroissial) — édifice religieux à Lampaul-Guimiliau (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH) — vue 3
Église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau (enclos paroissial) — édifice religieux à Lampaul-Guimiliau (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH) — vue 4

À voir

Histoire

L'enclos paroissial de Lampaul-Guimiliau est considéré comme l'un des plus émouvants des enclos bretons — moins monumental que celui de Guimiliau voisin (voir fiche #123) mais plus intime et abritant un mobilier intérieur d'une qualité absolument exceptionnelle. Construit entre 1533 et 1697 sous François Ier jusqu'à Louis XIV — soit 164 années —, l'enclos déploie un dialogue stylistique entre Renaissance bretonne et baroque unique en France.

L'église Notre-Dame elle-même fut construite principalement entre 1533 et 1612, dans un style gothique flamboyant breton glissant vers Renaissance. Le clocher Renaissance (achevé vers 1573, foudroyé en 1809 et réduit en hauteur) atteignait initialement 70 mètres — l'un des plus hauts du Léon — mais ne fait aujourd'hui que 45 mètres après accident.

L'élément exceptionnel de Lampaul-Guimiliau se trouve à l'intérieur de l'église : un ensemble de mobilier baroque polychromé d'une virtuosité technique stupéfiante, sculpté principalement aux XVIIe siècles dans la continuité du langage Renaissance :

  • Retable de la Passion (1648), polychromé, à 12 scènes de la Passion sculptées
  • Retable du Rosaire (1657)
  • Retable de saint Miliau (1664)
  • Retable de saint Jean-Baptiste (1676)
  • Poutre de Gloire (XVIe siècle) avec Crucifixion polychromée monumentale
  • Saint-Sépulcre polychromé (1676), groupe de 7 personnages grandeur nature
  • Chaire à prêcher sculptée (1622)
  • Orgue de tribune (1685-1689)

L'enclos comprend également : arc de triomphe Renaissance (vers 1668), ossuaire-chapelle Renaissance (1667), calvaire monumental (vers 1600).

À voir absolument

  • Le Saint-Sépulcre polychromé (1676), groupe de 7 personnages grandeur nature
  • Le Retable de la Passion (1648), à 12 scènes polychromées
  • La Poutre de Gloire avec Crucifixion polychromée monumentale
  • Les 5 retables baroques polychromés (XVIIe siècle)
  • L'arc de triomphe Renaissance (vers 1668)
  • L'ossuaire-chapelle Renaissance (1667)
  • Le calvaire monumental (vers 1600)
  • La chaire à prêcher sculptée (1622)
  • Le buffet d'orgue classique (1685-1689)
  • L'ensemble urbain : Lampaul-Guimiliau classé « Plus Beaux Détours de France »

Anecdotes & secrets

L'ensemble de mobilier baroque polychromé de Lampaul-Guimiliau est considéré comme l'un des plus riches et complets ensembles de mobilier sculpté breton subsistant en France. Tous les retables, statues, chaire, orgue sont d'origine (non-remplacés au XIXe siècle, contrairement à beaucoup d'autres églises), et la polychromie originale est partiellement conservée. Cette conservation exceptionnelle s'explique par : (1) la modestie de la paroisse au XIXe siècle (pas de budget pour des modernisations) ; (2) le respect du clergé local pour le patrimoine ancien ; (3) la profondeur rurale qui a préservé Lampaul des réformes liturgiques modernes.

Le Saint-Sépulcre polychromé (1676) de Lampaul-Guimiliau est l'un des plus émouvants groupes statuaires bretons. Sept personnages grandeur nature représentent la Mise au tombeau du Christ : Christ mort étendu sur la dalle, Vierge évanouie, saint Jean l'Évangéliste, Marie-Madeleine prosternée, Joseph d'Arimathie et Nicodème soutenant le linceul, sainte femme porteuse d'aromates. La polychromie d'origine (rouges pourpres, bleus, ors) est partiellement conservée. C'est l'œuvre d'un sculpteur breton anonyme influencé par les Mises au tombeau Renaissance lorraines (Saint-Mihiel, Bar-le-Duc — voir fiches #47, #46) et bourguignonnes (Solesmes — voir fiche #115).

Le clocher de Lampaul-Guimiliau fut foudroyé en 1809. La flèche d'origine, qui atteignait 70 mètres (l'un des plus hauts clochers du Léon), fut fendue par la foudre lors d'un orage exceptionnel en juillet 1809. Les paroissiens voulurent reconstruire la flèche mais la commune n'avait pas les moyens : le clocher fut simplement réparé à 45 mètres, sans retrouver sa hauteur d'origine. L'accident marqua un tournant dans l'identité visuelle de la paroisse — Lampaul perdit son rôle de « clocher-amer » régional, supplanté par celui de Saint-Thégonnec voisin (53 m, intact, voir fiche #122).

Conseils de visite

Enclos ouvert tous les jours de 9h à 19h en été, entrée libre. Ossuaire : visite payante (3€). Combiner avec la visite des autres enclos paroissiaux du Léon (Guimiliau à 3 km — fiche #123, Saint-Thégonnec à 8 km — fiche #122). Lampaul-Guimiliau accessible depuis Morlaix en voiture (25 min). Classé Plus Beaux Détours de France.

Pour aller plus loin