Contes, légendes & anecdotes
Le tympan de Moissac (v.1120-1135) est l'une des œuvres les plus contemplées du Moyen Âge — son Christ en majesté entouré des symboles des quatre Évangélistes, ses vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, ses rouleaux de pierre aux draperies nervosées. Ingres, le peintre néoclassique toulousain, vint étudier Moissac et dit que le tympan était 'l'œuvre la plus sublime qu'ait produite la main de l'homme'. La galerie Renaissance au-dessus du cloître roman regarde ce tympan depuis le XVIe siècle — la Renaissance contemplant le roman comme un modèle ou comme une curiosité.
Histoire
L'abbaye de Moissac, célèbre dans le monde entier pour son portail roman du XIIe siècle (le tympan du Jugement Dernier) et son cloître à chapiteaux sculptés (XIe-XIIe siècle), possède une galerie supérieure Renaissance qui est moins connue mais d'un réel intérêt. Construite au XVIe siècle pour remplacer ou compléter les galeries médiévales, cette galerie Renaissance présente des arcades en plein cintre portées par des colonnes à chapiteaux composites, en calcaire de la Quercy. Elle témoigne de la persistance de la vie monastique à Moissac au XVIe siècle, alors même que l'abbaye connaissait des difficultés liées aux guerres de religion et à la commende. Le contraste entre la richesse sculpturale du cloître roman (XIe-XIIe siècles) et la sobriété relative de la galerie Renaissance est en lui-même un commentaire architectural sur deux moments de la civilisation monastique.
À voir
Récit incarné
Moissac, Tarn-et-Garonne. La ville sur le Tarn, le canal latéral, les chasselas (le raisin de table le plus réputé de France). Et l'abbaye — son portail roman, son cloître, et la galerie Renaissance qui couronne l'ensemble.
Commencez par le portail. Le tympan du Jugement Dernier — le Christ de pierre, les vingt-quatre vieillards, les draperies ondulantes. L'art roman dans ce qu'il a de plus accompli.
Puis entrez dans le cloître. Les chapiteaux sculptés du XIe-XIIe siècle — des centaines de scènes bibliques et hagiographiques dans le calcaire blanc du Quercy. Et au-dessus de cette beauté médiévale, la galerie Renaissance — ses arcades en plein cintre, ses colonnes composites. La Renaissance qui regarde le roman depuis sa loggia.
Lecture architecturale
La galerie supérieure Renaissance de Moissac est en calcaire du Quercy (calcaire blanc à grain fin). Elle présente des arcades en plein cintre portées par des colonnes à chapiteaux composites, plus sobres que la richesse ornementale du cloître roman.
Symboles à observer
1. Le tympan roman : la scène du Jugement Dernier — le Christ en majesté, les Évangélistes, les vieillards de l'Apocalypse. L'art roman dans sa perfection.
2. Les chapiteaux du cloître : les centaines de chapiteaux sculptés. Chacun est un récit — identifiez les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
3. La galerie Renaissance : au-dessus du cloître roman, la galerie du XVIe siècle. La sobriété Renaissance après la luxuriance romane.
4. Le Chasselas : dans les vignes autour de Moissac, le raisin de table qui a fait la réputation de la ville. La même terre, la même lumière pour le raisin et pour l'abbaye.
Anecdote mémorable
Pendant la Révolution, le cloître de Moissac fut utilisé comme dépôt d'artillerie — les boulets de canon étaient stockés dans les galeries dont les chapiteaux représentaient les saints. Un officier révolutionnaire proposa de démolir l'abbaye pour construire la route Bordeaux-Lyon plus directement. Un ingénieur local fit remarquer que le détour était minime et que l'abbaye était 'remarquable'. Elle fut sauvée par un calcul de géométrie routière.
Pour aller plus loin
- Montauban (82, 30 km) — la ville rose et le musée Ingres.
- Cahors (46, 60 km) — le pont Valentré et le cloître Renaissance.
- Saint-Antonin-Noble-Val (82, 40 km) — le plus bel hôtel de ville roman de France.

