À voir
Histoire
L'église Saint-Acceul d'Écouen est l'une des paroisses Renaissance les plus émouvantes d'Île-de-France, commandée intégralement par Anne de Montmorency (1493-1567), connétable de France et premier ministre d'Henri II. Construite entre 1536 et 1586 (à proximité de son château Renaissance d'Écouen — qui abrite aujourd'hui le musée national de la Renaissance, exclu HitsMap car payant), elle constitue l'un des rares exemples d'église paroissiale Renaissance pleinement assumée en France.
Le connétable Anne de Montmorency était l'un des plus puissants nobles du règne d'Henri II — descendant de Saint Louis, possédant 600 fiefs, revenus annuels équivalents à plusieurs centaines de millions d'euros actuels. Son château d'Écouen (1538-1555), conçu par Jean Bullant et Bernard Palissy, est l'un des chefs-d'œuvre absolus de la Renaissance française. L'église Saint-Acceul, à 200 mètres du château, fut la chapelle paroissiale du connétable où il assistait à la messe dominicale.
L'édifice présente un plan basilical classique mais une élévation Renaissance pleinement assumée : pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens, médaillons à profil antique, fronton triangulaire sur la façade, portail à pilastres.
L'élément Renaissance le plus extraordinaire est constitué par les vitraux Renaissance (vers 1540-1545), considérés comme l'un des plus beaux ensembles vitrés Renaissance d'Île-de-France. Ils sont attribués à l'atelier de Jean Cousin (peintre maniériste français) ou à l'atelier d'Engrand Le Prince (Beauvais). Les donateurs, immortalisés en bas des verrières, sont Anne de Montmorency et son épouse Madeleine de Savoie.
À voir absolument
- L'ensemble des vitraux Renaissance (vers 1540-1545), parmi les plus beaux d'Île-de-France
- La verrière des Donateurs : Anne de Montmorency et Madeleine de Savoie agenouillés
- La façade Renaissance à pilastres cannelés et fronton triangulaire
- Le portail occidental Renaissance, à médaillons à profil antique
- L'élévation intérieure Renaissance à pilastres cannelés et chapiteaux corinthiens
- Les chapelles latérales Renaissance ornées de retables et statues XVIe
- Le buffet d'orgue classique (XVIIe siècle)
- L'emplacement : à 5 minutes à pied du château d'Écouen (musée national de la Renaissance, payant 7€)
Anecdotes & secrets
Anne de Montmorency (1493-1567), connétable de France (titre suprême de la chevalerie, équivalent à généralissime), fut l'un des plus puissants nobles français de tous les temps. Descendant de Saint Louis (par sa grand-mère Catherine de Laval), filleul d'Anne de Bretagne (d'où son prénom masculin), frère de lait de François Ier (élevé avec lui dans l'enfance), il devint connétable en 1538 et premier ministre d'Henri II en 1547. Sa fortune colossale (estimée à plus de 600 fiefs et terres, équivalent à plusieurs milliards d'euros actuels) lui permit de bâtir : le château d'Écouen (1538-1555, le musée national de la Renaissance), le château de Chantilly (qu'il agrandit), l'hôtel de Montmorency à Paris, et de commander des œuvres aux plus grands artistes (Bernard Palissy, Léonard Limosin, Jean Cousin, Jean Goujon). Il fut tué à la bataille de Saint-Denis le 10 novembre 1567 (à 74 ans !) en combattant les huguenots — l'un des derniers grands chevaliers de la France Renaissance.
Le château d'Écouen voisin (1538-1555), commandé par Anne de Montmorency aux architectes Jean Bullant et Pierre Chambiges (fils de Martin Chambiges de Beauvais et Sens, voir fiches #4 et #10), est l'un des chefs-d'œuvre absolus de la Première Renaissance française. Il abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance (payant 7€) — collection exceptionnelle comprenant la tenture de David et Bethsabée (10 tapisseries flamandes du XVIe siècle), le « Cabinet des émaux » de Léonard Limosin, des bronzes italiens, des peintures Renaissance, et la « tenture de la Galerie de Diane d'Anet » (tapisseries provenant du château de Diane de Poitiers).
L'iconographie des Vitraux d'Écouen mêle programmes religieux (Vie de la Vierge, Passion) et emblèmes personnels d'Anne de Montmorency : son chiffre (lettres entrelacées AM), ses armoiries (croix d'argent sur champ de gueules), sa devise (« Aplanos », « sans déviation »). Cette présence ostentatoire du commanditaire dans les verrières témoigne de l'ambition seigneuriale du connétable — il voulait que chaque paroissien d'Écouen se souvienne de son mécénat religieux.
Conseils de visite
Église ouverte samedi-dimanche 14h-18h ; clé à la mairie en semaine. Combiner impérativement avec la visite du château d'Écouen voisin (musée national de la Renaissance, payant 7€) — à voir absolument pour comprendre le contexte de la commande. Écouen accessible depuis Paris-Gare-du-Nord en RER D (35 min) puis 10 min à pied de la gare d'Écouen-Ézanville.




