HitsMap
Basilique Saint-Denis — édifice religieux à Saint-Denis (93)

Monument

Basilique Saint-Denis

Religieux·Saint-Denis (93)
◄ Tous les sites Renaissance en Île-de-France

Sur place ? Réclamez votre carte et vos points de visite.

Quiz du monument

Quel sculpteur a créé les célèbres bronzes du tombeau d'Henri II et Catherine de Médicis à Saint-Denis ?

À voir

Berceau de l'art gothique et nécropole des rois de France, Saint-Denis est aussi le plus grand musée de la sculpture funéraire de la Renaissance. On vient d'abord pour la lumière du chœur de Suger (vers 1140) ; on reste pour les tombeaux royaux qui, tout au fond, transforment la mort en théâtre de marbre et de bronze.

À ne pas manquer

  • Le tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne (1515-1531) : premier grand monument funéraire à l'italienne en France, en forme d'arc de triomphe. Les souverains y sont montrés deux fois — en gisantsnus et livides sous les arcades, enpriants couronnés au sommet. Œuvre des sculpteurs florentins Giovanni et Antonio Giusti (Jean Juste).
  • Le tombeau de François Iᵉʳ et Claude de France (1548-1559), dessiné par Philibert de l'Orme et sculpté par Pierre Bontemps : un arc de triomphe dont les bas-reliefs déroulent les batailles d'Italie (Marignan, Cérisoles) comme une bande dessinée de pierre.
  • Le mausolée d'Henri II et Catherine de Médicis (1560-1573), conçu par le Primatice et coulé en bronze par Germain Pilon : le sommet de la méditation funéraire française. La reine, saisie du vivant de son époux, se fit d'abord représenter en transi d'un réalisme brutal, puis refusa cette image et exigea le priant serein que l'on voit aujourd'hui.
  • L'urne du cœur de François Iᵉʳ et le tombeau du connétable Anne de Montmorency (Barthélemy Prieur), à ne pas manquer pour comprendre l'étendue du chantier funéraire des Valois.

Prenez le temps de comparer gisantsetpriants d'un même couple : c'est toute la tension de la Renaissance — l'effroi de la chair mortelle et l'espérance de l'âme — résumée sur quelques mètres.

Histoire

Vers 1140, l'abbé Suger reconstruit le chevet de l'abbaye et invente, avec ses voûtes sur croisées d'ogives et ses verrières, ce que l'on appellera l'art gothique. Mais Saint-Denis est bien plus ancienne : elle s'élève sur la tombe de saint Denis, premier évêque de Paris, et devient très tôt la nécropole des rois de France. Des Mérovingiens à Louis XVIII, presque tous les souverains y reposent — une continuité dynastique unique en Europe.

C'est à la Renaissance que l'abbatiale reçoit ses monuments les plus spectaculaires. Le tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne (1515-1531), commandé à des sculpteurs florentins, importe en France le vocabulaire italien : arc de triomphe, gisants réalistes, priants agenouillés. Trois décennies plus tard, Philibert de l'Orme et Pierre Bontemps élèvent celui de François Iᵉʳ (1548-1559), puis Catherine de Médicis confie au Primatice et à Germain Pilon le mausolée d'Henri II (1560-1573). La reine imagine même une vaste chapelle funéraire, la Rotonde des Valois, greffée sur le transept ; restée inachevée, elle sera démolie au XVIIIᵉ siècle.

En 1793, la Révolution profane la nécropole : les tombes sont ouvertes, les dépouilles royales jetées dans des fosses communes. Les monuments, eux, échappent à la destruction grâce à Alexandre Lenoir, qui les transporte au musée des Monuments français. Sous la Restauration, Louis XVIII fait rassembler les ossements dans un ossuaire de la crypte et rapatrier les tombeaux. Au XIXᵉ siècle, Viollet-le-Duc restaure l'édifice ; la tour nord, fragilisée par la foudre et une tempête, est démontée en 1846-1847 — sa reconstruction fait aujourd'hui l'objet d'un chantier de restitution.

Sources : base Mérimée / Plateforme ouverte du patrimoine (POP), Centre des monuments nationaux, notices scientifiques de la basilique-cathédrale de Saint-Denis.

Contes, légendes & anecdotes

Un saint qui porte sa tête. La tradition raconte que Denis, premier évêque de Paris, fut décapité vers 250 sur la colline de Montmartre (mons martyrum, « le mont des martyrs »). Loin de tomber, il aurait ramassé sa tête et marché plusieurs kilomètres vers le nord en prêchant, avant de s'effondrer à l'endroit exact où s'élèvera l'abbaye. Ce type de saint — un céphalophore — a nourri des siècles d'imagerie.

L'oriflamme des rois. Avant de partir en guerre, les souverains venaient prendre à Saint-Denis l'oriflamme, la bannière rouge de l'abbaye devenue étendard royal : lever l'oriflamme, c'était appeler au combat sans merci.

La nuit des profanations. Lors des exhumations de 1793, les témoins rapportent que le corps d'Henri IV, embaumé, était resté si bien conservé qu'on l'exposa quelques jours debout avant de le jeter dans la fosse commune — anecdote macabre qui hante encore la mémoire du lieu.

Votre avis nous dit quoi améliorer : les photos, le texte, la position.

Fiche mise à jour le 14 septembre 2026

Œuvres conservées ici

7 œuvres Renaissance conservées dans ce lieu

Pour aller plus loin