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Cathédrale Notre-Dame de Reims — édifice religieux à Reims (Marne (51)) (51), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Notre-Dame de Reims

1211-1516 (campagne Renaissance des chapelles et vitraux, vers 1480-1516)·Religieux·Reims (Marne (51)) (51)·Classé MH

À voir

Histoire

La cathédrale Notre-Dame de Reims est l'un des plus prestigieux monuments gothiques de la chrétienté, cathédrale du sacre des rois de France depuis Clovis (baptisé en 498 par saint Rémi) jusqu'à Charles X (1825). Au total, 33 rois de France y furent couronnés — d'où sa fonction politique et religieuse exceptionnelle.

L'édifice gothique principal fut construit entre 1211 et 1275 environ, dans un style gothique rayonnant qui en fait l'un des chefs-d'œuvre absolus du gothique classique. Mais la fin du chantier, notamment des tours occidentales, ne fut achevée qu'au XVe siècle, et plusieurs éléments Renaissance majeurs furent ajoutés entre 1480 et 1516 :

  • les vitraux Renaissance du chœur et des chapelles latérales nord, signés des ateliers champenois (Pierre d'Andry, Mathieu Bléville, Pierre Hémart) entre 1480 et 1516
  • les statues Renaissance de la galerie des rois, ajoutées au XVe siècle pour compléter le programme du XIIIe
  • le tombeau de l'archevêque Robert de Lenoncourt (1535), Renaissance pleinement assumée (voir base statues HitsMap)
  • la chapelle Saint-Joseph Renaissance, ornée de retables XVIe
  • plusieurs portails et bas-reliefs de la façade nord, achevés vers 1500

La cathédrale fut bombardée pendant la Première Guerre mondiale (19 septembre 1914) : 300 obus allemands en quatre ans détruisirent la charpente, les vitraux, la toiture, la nef partiellement. Restauration de 1919 à 1938, financée par John D. Rockefeller ; vitraux Chagall ajoutés en 1974 pour compléter le programme moderne.

À voir absolument

  • La façade occidentale gothique rayonnant (XIIIe siècle), portail sculpté monumental, l'une des plus belles de France
  • L'Ange au sourire (XIIIe siècle), portail nord, célèbre dans le monde entier — sourire mystérieux préfigurant la Renaissance
  • La galerie des rois au sommet de la façade, 56 statues royales (XIIIe-XVe siècles)
  • Les vitraux Renaissance du chœur (vers 1480-1516), avec leur programme iconographique exceptionnel
  • Les vitraux de Marc Chagall (1974) dans la chapelle absidiale axiale, complétant la palette spirituelle
  • Le tombeau Renaissance de Robert de Lenoncourt (1535), archevêque qui couronna François Ier
  • L'emplacementJeanne d'Arc fit couronner Charles VII le 17 juillet 1429, après sa victoire d'Orléans
  • Le palais du Tau voisin (musée du sacre, payant) — résidence des archevêques attenante à la cathédrale, classée UNESCO
  • L'Horloge astronomique dans le palais du Tau

Anecdotes & secrets

Le sacre des rois de France à Reims remonte à Louis le Pieux (816, fils de Charlemagne), mais c'est Hugues Capet (987) qui en fit la tradition obligatoire. Pendant 838 ans (987-1825), tous les rois de France furent couronnés à Reims — à l'exception d'Henri IV (sacré à Chartres en 1594, Reims étant alors Ligueur) et de Louis XVIII (rentré d'exil en 1814, jamais sacré). Le sacre comportait sept moments rituels : vêture, serment, onction avec la Sainte Ampoule, remise des insignes royaux, intronisation, communion, couronnement. L'onction avec l'huile sainte de la Sainte Ampoule (apportée du ciel par une colombe lors du baptême de Clovis selon la légende) transformait le roi en personnage sacré — quasi-évêque.

Le sacre de Charles VII le 17 juillet 1429, conduit par Jeanne d'Arc, est l'épisode le plus émouvant de l'histoire de la cathédrale. Le dauphin Charles, déshérité par le traité de Troyes (1420) au profit d'Henri V d'Angleterre, n'était roi que de nom depuis la mort de son père Charles VI en 1422. Jeanne d'Arc, après sa victoire d'Orléans (mai 1429), le conduisit en personne à Reims pour son sacre — geste politique majeur qui légitima Charles VII comme « roi très chrétien » face à Henri VI d'Angleterre. Une plaque commémorative dans le chœur marque l'emplacement où Jeanne se tenait pendant la cérémonie.

Les bombardements allemands du 19 septembre 1914, en début de Première Guerre mondiale, choquèrent l'opinion mondiale. Trois cents obus tombèrent sur la cathédrale en quelques heures ; la charpente prit feu, le plomb fondu coula sur les statues du portail, les vitraux d'origine furent réduits en poussière. Auguste Rodin, Henri Bergson, Romain Rolland signèrent une protestation internationale. John D. Rockefeller Jr. finança la restauration entre 1919 et 1938 — geste de diplomatie culturelle américaine majeur de l'entre-deux-guerres.

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 7h30 à 19h30, entrée libre. Visites guidées payantes (8€) tous les jours en saison. Ascension des tours payante (8€), 250 marches, vue à 360° sur Reims et la Champagne. Combiner impérativement avec le palais du Tau voisin (musée du sacre, payant 8€), la basilique Saint-Remi (gratuite, voir fiche suivante), et une dégustation de Champagne dans l'une des grandes maisons (Pommery, Taittinger, Veuve Clicquot, etc.). Reims accessible depuis Paris-Est en TGV (45 min).

Pour aller plus loin