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Basilique Notre-Dame de l'Épine — édifice religieux à L'Épine (Marne (51)) (51), monument historique (Classé MH)

Monument

Basilique Notre-Dame de l'Épine

1410-1527 (Charles VI — François Ier)·Religieux·L'Épine (Marne (51)) (51)·Classé MH
Basilique Notre-Dame de l'Épine — édifice religieux à L'Épine (Marne (51)) (51), monument historique (Classé MH) — vue 2
Basilique Notre-Dame de l'Épine — édifice religieux à L'Épine (Marne (51)) (51), monument historique (Classé MH) — vue 3

Histoire

La basilique Notre-Dame de l'Épine s'élève dans un village de moins de 700 habitants, à 9 kilomètres à l'est de Châlons-en-Champagne, en pleine plaine champenoise. Cette présence d'un sanctuaire monumental de 44 mètres de haut dans un bourg minuscule s'explique par une légende fondatrice : en 1400, des bergers auraient trouvé dans un buisson d'épines en feu une statuette miraculeuse de la Vierge à l'Enfant. L'épisode, qui rappelle le buisson ardent de Moïse, déclencha aussitôt un pèlerinage dont la rumeur attira pèlerins et donateurs.

À voir

Histoire

La basilique Notre-Dame de l'Épine s'élève dans un village de moins de 700 habitants, à 9 kilomètres à l'est de Châlons-en-Champagne, en pleine plaine champenoise. Cette présence d'un sanctuaire monumental de 44 mètres de haut dans un bourg minuscule s'explique par une légende fondatrice : en 1400, des bergers auraient trouvé dans un buisson d'épines en feu une statuette miraculeuse de la Vierge à l'Enfant. L'épisode, qui rappelle le buisson ardent de Moïse, déclencha aussitôt un pèlerinage dont la rumeur attira pèlerins et donateurs.

La construction débute en 1410 sous le règne troublé de Charles VI le Fou, en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Elle se poursuit pendant plus d'un siècle, traversant la guerre de Cent Ans, la reconquête de Jeanne d'Arc, le règne de Louis XI, et s'achève sous François Ier vers 1527 — soit 117 années de chantier. Cette longue durée explique la cohabitation stylistique : gothique rayonnant tardif dans la nef, gothique flamboyant exubérant dans les portails et la façade occidentale, premiers ferments Renaissance dans les chapelles latérales et certains éléments décoratifs.

La basilique reçut visites royales et papales : Charles VII y vint, Louis XI y fit pèlerinage, le pape Jean XXIII la consacra basilique mineure en 1914. Elle est aujourd'hui classée à l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, étant située sur la Via Campaniensis reliant la Lorraine à Vézelay.

À voir absolument

  • La façade occidentale, l'une des plus extraordinaires façades flamboyantes de France : trois portails sculptés, deux tours (la sud à flèche ajourée de 55 m, la nord inachevée), galerie de rois, rose
  • La flèche ajourée en dentelle de pierre, l'une des plus belles flèches gothiques de France (à comparer avec celle de Senlis)
  • Les gargouilles spectaculaires, parmi les plus expressives du gothique français — créatures hybrides, monstres, scènes érotiques discrètes
  • Le jubé Renaissance (vers 1525), unique pour une église rurale, à arcatures rondes et balustrade ajourée
  • La statue miraculeuse de Notre-Dame de l'Épine, vénérée sur le maître-autel
  • Le puits de la Vierge dans la basilique, source d'eau réputée miraculeuse depuis le XVe siècle
  • Les vitraux des XVe et XVIe siècles, dont certains signés par les ateliers troyens
  • Le tombeau de Jean Talon (intendant de Nouvelle-France au XVIIe siècle, originaire de Châlons), inhumé dans la basilique

Anecdotes & secrets

Une gargouille obscène de la basilique fut volée en 1986 et resta introuvable pendant 33 ans. Elle réapparut chez un antiquaire suisse en 2019 et fut restituée en grande pompe. Plusieurs autres gargouilles de la basilique présentent un caractère licencieux — fait courant dans l'art gothique mais rarement aussi explicite : créatures défécantes, accouplements grotesques, démons à phallus. Ces images, dites babouineries, étaient placées en hauteur pour rappeler aux fidèles la tentation et la chute.

La flèche sud de 55 mètres servit longtemps de point de triangulation géodésique pour les ingénieurs militaires français au XVIIIe siècle. Elle figure sur la carte de Cassini. Lors de la Première Guerre mondiale, la basilique fut occupée par les troupes allemandes en septembre 1914 lors de leur poussée vers Paris (bataille de la Marne), puis évacuée précipitamment. Quelques impacts d'obus sont encore visibles sur la façade nord.

Le poète Paul Claudel, sur la route entre Reims et Bar-le-Duc, s'arrêta plusieurs fois à L'Épine et y composa quelques pages de méditation. André Malraux, en 1962 comme ministre des Affaires culturelles, en pleine politique de Maisons de la Culture, fit classer la basilique au titre des Monuments Historiques aux côtés de Reims et Strasbourg pour le grand programme commémoratif de la Reconquête de la Marne.

Conseils de visite

Basilique ouverte tous les jours de 9h à 18h (19h en été), entrée libre. Audioguide gratuit disponible à l'office de tourisme du village (à 50 mètres). Combiner avec la visite de Châlons-en-Champagne (cathédrale Saint-Étienne, collégiale Notre-Dame-en-Vaux) à 10 minutes en voiture, et avec la route du Champagne (Épernay à 30 km, Reims à 50 km). Stationnement gratuit sur la place. L'éclairage nocturne de la façade (jusque 23h en été) vaut une seconde visite à la tombée du jour.

Pour aller plus loin