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Cathédrale Saint-Étienne de Metz — édifice religieux à Metz (Moselle (57)) (57), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Saint-Étienne de Metz

1240-1552 (campagne Renaissance des vitraux 1521-1552, sous François Ier — Henri II)·Religieux·Metz (Moselle (57)) (57)·Classé MH

À voir

Histoire

La cathédrale Saint-Étienne de Metz, surnommée la « Lanterne du Bon Dieu » à cause de ses 6 500 m² de verrières (la plus grande surface vitrée de toutes les cathédrales françaises), est l'un des grands édifices gothiques de l'Est de la France. Mais elle abrite également l'un des plus prestigieux ensembles de vitraux Renaissance d'Europe — œuvres du maître verrier lorrain Valentin Bousch (vers 1490-1541).

L'édifice fut construit entre 1240 et 1552, soit 312 ans de chantier ininterrompu. Sa particularité architecturale : la cathédrale est née de la fusion de deux églises auparavant séparées — l'oratoire Notre-Dame-la-Ronde (occidental, fin XIIe) et la cathédrale Saint-Étienne primitive (orientale, début XIIIe). L'union physique des deux édifices eut lieu vers 1380-1400 par démolition du mur séparateur.

L'élément Renaissance majeur est constitué par les verrières de Valentin Bousch, peintes entre 1521 et 1539 pour le transept et le chœur. Bousch, formé à l'école rhénane (Strasbourg, Cologne), s'installa à Metz vers 1515 et y produisit son œuvre maîtresse : verrières de 22 mètres de haut, programme iconographique exceptionnel (Vie de la Vierge, scènes bibliques, donateurs en costumes Renaissance). Son atelier fut continué par Théobald de Lixheim jusqu'en 1552.

La cathédrale fut profanée pendant la guerre de 1870-1871 : Metz, annexée par l'Empire allemand en 1871, vit sa cathédrale soumise à une « germanisation » patrimoniale. Guillaume II fit ajouter à la façade occidentale un portail néogothique (1900-1903) orné de bas-reliefs sculptés. Une statue du prophète Daniel y portait les traits de l'empereur — détruite en 1940.

À voir absolument

  • Les verrières Renaissance de Valentin Bousch (1521-1539) dans le transept et le chœur, l'un des plus grands ensembles vitrés Renaissance d'Europe (chacune mesurant jusqu'à 22 mètres)
  • Les 6 500 m² de verrières au total — la plus grande surface vitrée des cathédrales françaises, surnommée « la Lanterne du Bon Dieu »
  • Le transept Renaissance (achèvement vers 1540) à voûtes étoilées flamboyantes glissant vers décor Renaissance
  • Les vitraux modernes de Marc Chagall (1958-1968) installés dans le transept nord, dialogue saisissant avec ceux de Bousch
  • Les verrières de Jacques Villon (1957), frère de Marcel Duchamp
  • La tour de la Mutte (1483), beffroi communal et clocher de cathédrale combinés, abritant la cloche « Dame Mutte » (11 tonnes)
  • Le portail Renaissance de la chapelle du Saint-Sacrement (1543)
  • Le trésor de la cathédrale (visite payante), avec l'anneau de saint Arnoul (VIIe siècle)
  • La crypte sous le chœur

Anecdotes & secrets

Valentin Bousch (vers 1490-1541) est l'un des plus grands maîtres verriers de la Renaissance européenne, mais reste méconnu hors des spécialistes. Originaire de Strasbourg puis installé à Metz vers 1515, il y produisit son œuvre maîtresse : verrières de la cathédrale, mais aussi de Saint-Nicolas-de-Port (basilique lorraine), Saint-Vincent de Metz, église de Flavigny-sur-Moselle. Son style se distingue par l'emploi de jaunes d'argent intenses, de rouges plombés rares, et par la précision anatomique Renaissance des personnages. Il signait ses œuvres « Valentinus Buschius pictor Mettensis » — fait rare pour un maître verrier de l'époque.

Marc Chagall (1887-1985) accepta en 1958 de réaliser plusieurs verrières pour Metz — geste politiquement chargé, car le peintre juif d'origine biélorusse acceptait de décorer une cathédrale catholique dans une région ravagée par la Shoah. Les verrières de Chagall (transept nord, achevées en 1968) illustrent l'Ancien Testament (Adam et Ève, Moïse, prophètes) — sujet acceptable à la fois pour le judaïsme et le christianisme. Le dialogue entre les verrières Renaissance de Bousch (catholiques, XVIe) et celles de Chagall (judéo-chrétiennes, XXe) est l'un des plus émouvants en Europe.

La tour de la Mutte (1483) est à la fois clocher de cathédrale et beffroi communal — particularité historique unique en France. La grosse cloche « Dame Mutte » (1605, 11 tonnes) servait à la fois aux annonces religieuses et aux alarmes civiques (incendies, conseils municipaux, défense). Cette double fonction reflète l'autonomie politique de Metz, ville libre du Saint Empire jusqu'à son rattachement à la France en 1552 (traité de Chambord).

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 8h à 18h, entrée libre. Trésor : visite payante (5€). Ascension de la tour de la Mutte payante (8€), ouverte avril-octobre. Visites guidées des verrières gratuites le samedi à 14h30. Combiner avec le Centre Pompidou-Metz (art moderne, payant), la place d'Armes classique, et la vieille ville. Metz accessible depuis Paris-Est en TGV (1h25).

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