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Collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne — édifice religieux à Châlons-en-Champagne (Marne (51)) (51), monument historique (Classé MH)

Monument

Collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne

1150-1217 (édifice) ; vitraux Renaissance 1495-1530·Religieux·Châlons-en-Champagne (Marne (51)) (51)·Classé MH

À voir

Histoire

La collégiale Notre-Dame-en-Vaux à Châlons-en-Champagne est l'un des chefs-d'œuvre du gothique primitif champenois, classée à l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Construite entre 1150 et 1217, elle illustre la transition entre roman tardif et gothique primitif dans un édifice remarquablement cohérent. Mais elle abrite également un patrimoine Renaissance majeur dans son décor vitré.

L'édifice fut érigé sur l'emplacement d'une basilique mérovingienne du VIe siècle dédiée à Notre-Dame, dans le « Val » du Mau (« Vaux » en français médiéval, d'où le nom) — vallée arrosée par un petit affluent de la Marne. La collégiale abrita un chapitre de chanoines réguliers de Saint-Augustin jusqu'à la Révolution, ce qui explique la richesse architecturale et artistique de l'édifice pour une simple église non cathédrale.

L'élément Renaissance majeur est constitué par les vitraux Renaissance (1495-1530), signés des ateliers champenois dont Mathieu Bléville (le même qui a travaillé pour la cathédrale Saint-Étienne voisine, voir fiche #28). Le programme iconographique déploie : Vie de la Vierge, Passion du Christ, donateurs en costumes Renaissance (notamment Jean Talon, Robert Berthier, Jacques Coquillart). Les vitraux ont été partiellement restaurés au XIXe siècle après les dégradations révolutionnaires.

À côté de la collégiale se trouvait un cloître roman (XIIe siècle), détruit en 1759 pour des raisons d'urbanisme. Les statues-colonnes romanes du cloître, l'un des plus extraordinaires ensembles de la sculpture romane française, sont aujourd'hui exposées au musée du Cloître de Notre-Dame-en-Vaux, à 50 mètres de la collégiale.

À voir absolument

  • Les vitraux Renaissance (1495-1530), particulièrement la verrière de l'Arbre de Jessé (1520) et celle de la Vie de la Vierge (1500)
  • L'élévation à trois étages de la nef, sommet du gothique champenois primitif
  • La rose occidentale (XIIIe siècle, restaurée XIXe)
  • Le tympan roman du portail nord (XIIe siècle), Christ en majesté
  • Le carillon de 56 cloches dans les deux tours-clochers — l'un des plus grands carillons d'Europe, en concert public chaque samedi matin
  • Le musée du Cloître voisin (gratuit le 1er dimanche), avec les statues-colonnes romanes du cloître détruit en 1759 — chef-d'œuvre absolu de la sculpture romane française
  • Les chapelles latérales Renaissance, ornées de retables XVIe
  • Le trésor de la collégiale (visite payante)
  • Le buffet d'orgue classique (XVIIe siècle)
  • L'emplacement urbain : sur les canaux de Châlons, dans le secteur des maisons à pans de bois Renaissance

Anecdotes & secrets

Le carillon de 56 cloches de Notre-Dame-en-Vaux est l'un des plus grands carillons d'Europe, comparable à ceux de Bruges, Anvers, Mâlines. Installé progressivement entre 1840 et 1948, il est encore joué en concert public tous les samedis matin (10h30-11h30) par les carillonneurs municipaux. Le répertoire mêle musique baroque (Bach, Vivaldi), mélodies traditionnelles bretonnes et auvergnates, chansons populaires, et compositions contemporaines. Cette tradition vivante est unique en France.

Les statues-colonnes romanes du cloître démoli en 1759 sont l'un des plus extraordinaires ensembles de la sculpture romane française. Sculptées vers 1170-1180 par les ateliers du Maître de Saint-Loup, elles représentaient les patriarches, prophètes, rois bibliques, et personnages allégoriques. Démolies par l'ignorance d'un chapitre canonial voulant moderniser le cloître au XVIIIe siècle, elles furent redécouvertes en 1960 lors de fouilles archéologiques : les chanoines de 1759 avaient utilisé les statues comme remblai sous le sol du nouveau cloître ! 55 statues furent ainsi récupérées et installées au musée du Cloître en 1976 — l'une des plus belles surprises archéologiques du XXe siècle français.

Jean Talon (1626-1694), né à Châlons-sur-Marne, fut le premier intendant de la Nouvelle-France (Canada) sous Louis XIV (1665-1668, puis 1670-1672). Il organisa l'établissement français au Canada : fondation de villes, recensement, encouragement aux mariages mixtes franco-amérindiens, exploration. Une plaque commémorative dans la collégiale rappelle son baptême ici. Il fut enterré à Châlons après son retour en France ; son tombeau est dans la basilique Notre-Dame de l'Épine (voir fiche #1).

Conseils de visite

Collégiale ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Carillon : concert public chaque samedi 10h30-11h30 (gratuit). Musée du Cloître voisin (gratuit le 1er dimanche, payant 5€ autres jours) — à voir absolument pour les statues-colonnes romanes. Combiner avec la cathédrale Saint-Étienne voisine (voir fiche #28), la vieille ville (maisons à pans de bois, canaux), et la basilique Notre-Dame de l'Épine (voir fiche #1, à 9 km). Châlons-en-Champagne accessible depuis Paris-Est en TGV (1h25).

Pour aller plus loin