À voir
Miré dans ses larges douves, hérissé de tours d'angle, Bodiam est l'image même du château médiéval — celui des livres d'enfants. Mais son histoire à l'époque de la Renaissance est d'une autre nature : c'est celle d'un lent effacement, l'histoire discrète de ces forteresses que les Tudor laissèrent glisser dans l'oubli.
Une forteresse au seuil de l'ère Tudor
Bâti à la fin du XIVᵉ siècle, château quadrangulaire à douves, porterie à deux tours et courtines intactes, Bodiam entra dans l'ère Tudor au moment même du basculement de 1485. À la veille de Bosworth, en novembre 1483, Richard III avait autorisé Thomas Howard à assiéger le château, où résidait Sir Thomas Lewknor, suspect de déloyauté ; on ignore si le siège eut lieu, mais une reddition sans combat est probable. Vainqueur, Henri VII rétablit les Lewknor dans leurs droits dès 1485 — l'un des nombreux règlements de comptes qui accompagnèrent l'avènement de la dynastie.
Le lent effacement seigneurial
Passé ce rétablissement, l'histoire Tudor de Bodiam est celle d'un déclin tranquille. Le château passa de main en main au XVIᵉ siècle sans qu'on sache même avec certitude s'il fut encore habité. À la mort de Sir Roger Lewknor en 1543, le domaine se partagea ; il se morcela plus encore lorsque John Levett de Salehurst en acheta une part en 1588, avant d'être finalement réuni par Sir Nicholas Tufton, futur comte de Thanet, en 1623. Bodiam incarne ainsi le sort de tant de forteresses médiévales à l'ère Tudor : devenues militairement inutiles, elles cessent d'être des centres de pouvoir pour n'être plus que des biens que l'on se partage et que l'on rachète. À voir : le château quadrangulaire à douves et tours d'angle, la porterie à deux tours, les courtines intactes et les vestiges intérieurs (grande salle, cuisines, chapelle).
Le saviez-vous ?
Le plus « médiéval » des châteaux anglais n'a peut-être jamais servi à la guerre sous les Tudor — ni même été vraiment habité au XVIᵉ siècle. Si Bodiam nous est parvenu si intact, c'est précisément parce qu'on l'a oublié : ni assiégé, ni transformé, ni rasé, il a traversé la Renaissance comme une belle endormie, jusqu'à devenir l'icône romantique que l'on admire aujourd'hui.
Infos / repères
Bodiam Castle se situe près de Robertsbridge, East Sussex ; propriété du National Trust, ouvert au public. Horaires saisonniers à vérifier.
Quiz
- Qui rétablit les Lewknor à Bodiam en 1485 ?
- Henri VII
- Richard III
- Henri VIII
- Que raconte l'histoire Tudor de Bodiam ?
- Le lent effacement d'une forteresse médiévale
- Un grand siège élisabéthain
- La construction d'un palais neuf
- Pourquoi Bodiam est-il si bien conservé ?
- Il fut oublié, ni rasé ni transformé
- Il fut restauré par Henri VIII
- Il n'a jamais eu de douves
Histoire
Miré dans ses larges douves, hérissé de tours d'angle, Bodiam est l'image même du château médiéval — celui des livres d'enfants. Mais son histoire à l'époque de la Renaissance est d'une autre nature : c'est celle d'un lent effacement, l'histoire discrète de ces forteresses que les Tudor laissèrent glisser dans l'oubli.
Une forteresse au seuil de l'ère Tudor
Bâti à la fin du XIVᵉ siècle, château quadrangulaire à douves, porterie à deux tours et courtines intactes, Bodiam entra dans l'ère Tudor au moment même du basculement de 1485. À la veille de Bosworth, en novembre 1483, Richard III avait autorisé Thomas Howard à assiéger le château, où résidait Sir Thomas Lewknor, suspect de déloyauté ; on ignore si le siège eut lieu, mais une reddition sans combat est probable. Vainqueur, Henri VII rétablit les Lewknor dans leurs droits dès 1485 — l'un des nombreux règlements de comptes qui accompagnèrent l'avènement de la dynastie.
Le lent effacement seigneurial
Passé ce rétablissement, l'histoire Tudor de Bodiam est celle d'un déclin tranquille. Le château passa de main en main au XVIᵉ siècle sans qu'on sache même avec certitude s'il fut encore habité. À la mort de Sir Roger Lewknor en 1543, le domaine se partagea ; il se morcela plus encore lorsque John Levett de Salehurst en acheta une part en 1588, avant d'être finalement réuni par Sir Nicholas Tufton, futur comte de Thanet, en 1623. Bodiam incarne ainsi le sort de tant de forteresses médiévales à l'ère Tudor : devenues militairement inutiles, elles cessent d'être des centres de pouvoir pour n'être plus que des biens que l'on se partage et que l'on rachète. À voir : le château quadrangulaire à douves et tours d'angle, la porterie à deux tours, les courtines intactes et les vestiges intérieurs (grande salle, cuisines, chapelle).
Contes, légendes & anecdotes
Le plus « médiéval » des châteaux anglais n'a peut-être jamais servi à la guerre sous les Tudor — ni même été vraiment habité au XVIᵉ siècle. Si Bodiam nous est parvenu si intact, c'est précisément parce qu'on l'a oublié : ni assiégé, ni transformé, ni rasé, il a traversé la Renaissance comme une belle endormie, jusqu'à devenir l'icône romantique que l'on admire aujourd'hui.
Sources
- 1.Wikipédia (en) — Bodiam Castle
- 2.Historic England 1044134
- 3.Wikidata Q639208
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Fiche mise à jour le 26 septembre 2026

