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Cornelis Cornelisz van Haarlem (1562-1638)

✦ Illustre ✦

Cornelis Cornelisz van Haarlem

peintre

1562-1638·peintre

Contributions & œuvres

Chef de file du maniérisme haarlémois, Cornelis van Haarlem fut le peintre des corps : nus héroïques enchevêtrés, chairs éclatantes, compositions grouillantes de muscles et de mouvement. Avec Goltzius le graveur et van Mander le théoricien, il forma le trio qui, autour de 1585, fit de Haarlem un foyer artistique de premier plan.

L'Académie de Haarlem

Né à Haarlem en 1562 d'une famille aisée, Cornelis fut assez fortuné pour ne jamais dépendre entièrement de ses commandes. Formé aux Pays-Bas et en France, il rentra dans sa ville et s'associa, vers 1583-1585, à Hendrick Goltzius et à Karel van Mander : les trois hommes animèrent ce que la tradition appelle l'« Académie de Haarlem », lieu d'étude du nu d'après modèle et d'échange savant, dans le sillage du maniérisme international venu de Prague et d'Italie. Cornelis y donna sa pleine mesure : d'immenses toiles mythologiques et bibliques — La Chute des Titans, Le Massacre des Innocents — où des dizaines de corps nus se tordent, tombent et s'affrontent, prétextes à une virtuosité anatomique éblouissante.

Du maniérisme à l'apaisement — et sa part d'ombre

Longtemps, on lui a reproché précisément cet excès : ces enchevêtrements de fesses et de dos, ces poses acrobatiques, cette avalanche de chairs ont paru gratuits, une prouesse pour la prouesse. Le peintre lui-même sembla en convenir : passé 1600, sa manière s'assagit, les corps se calment, les couleurs se posent, comme si le classicisme naissant du Siècle d'or avait tempéré la fièvre maniériste. Peintre officiel de Haarlem, riche et honoré, il traversa sans dommage cinquante ans d'histoire mouvementée et forma de nombreux élèves. Son Massacre des Innocents, aujourd'hui au Frans Hals Museum, dit toute son ambiguïté : une scène d'horreur — des mères, des soldats, des enfants massacrés — traitée avec une splendeur presque insoutenable. C'est là son génie et sa limite : faire de la violence un ballet.

Infos / repères

Cornelis Cornelisz van Haarlem naquit et mourut à Haarlem (1562-1638). Figure majeure du maniérisme de Haarlem, co-animateur de l'« Académie de Haarlem » avec Goltzius et van Mander, il fut le peintre des grands nus mythologiques avant d'assagir sa manière vers le classicisme.

Anecdote mémorable

Le trio Cornelis van Haarlem – Goltzius – van Mander est souvent présenté comme la première « académie » de peinture des Pays-Bas du Nord. On ignore si elle eut des statuts ou un vrai local, mais l'idée est révolutionnaire : réunir des artistes pour étudier ensemble le corps humain d'après nature, à l'italienne, plutôt que dans le seul secret de l'atelier. Haarlem devint ainsi, une génération avant Rembrandt, un laboratoire de la peinture savante.

Importance historique

Chef de file du maniérisme haarlémois, Cornelis van Haarlem fut le peintre des corps : nus héroïques enchevêtrés, chairs éclatantes, compositions grouillantes de muscles et de mouvement. Avec Goltzius le graveur et van Mander le théoricien, il forma le trio qui, autour de 1585, fit de Haarlem un foyer artistique de premier plan.

Peintures (2)

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