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Johan Gregor van der Schardt

✦ Illustre ✦

Johan Gregor van der Schardt

sculpteur maniériste (terre cuite & bronze)

v.1530/31 (Nimègue, Gueldre) – après 1581 (au Danemark ?)·Nimègue, Gueldre·sculpteur maniériste (terre cuite & bronze)

Contributions & œuvres

Il n'a presque rien laissé aux Pays-Bas et pourtant il en est l'un des plus grands sculpteurs : un homme du Nord devenu, à force d'Italie et de cours princières, un maître européen du maniérisme. Né vers 1530 à Nimègue, en Gueldre, Johan Gregor van der Schardt fut le sculpteur des bustes de terre cuite peinte si vivants qu'on les croirait respirer.

De l'Italie aux cours du Nord

Comme Tetrode, van der Schardt fit son éducation en Italie : dans les années 1560, il parcourut la péninsule et travailla notamment à Bologne, s'imprégnant du maniérisme et de la statuaire antique. Sa réputation le porta ensuite au sommet : l'empereur Maximilien II de Habsbourg l'appela à Vienne (1569-1576), puis il s'établit à Nuremberg, grande ville d'art et de commerce, où il se fit la spécialité rare des bustes en terre cuite polychrome. Là, il portraitura les riches marchands et humanistes de la cité — la famille Imhoff, le calligraphe Johann Neudörfer —, saisissant la chair, le regard, la présence avec un réalisme que la couleur rendait presque troublant. Il sculpta aussi des statuettes de bronze, Mercure, Neptune, dans la veine du nu maniériste. Chose exceptionnelle pour un artiste non italien, son talent fut loué par Giorgio Vasari lui-même.

L'autoportrait qui vous regarde de côté

Son chef-d'œuvre est un visage : le sien. Vers 1573, van der Schardt modela son autoportrait en terre cuite peinte — un buste de demi-grandeur, aujourd'hui au Rijksmuseum (BK-2000-17). C'est l'un des tout premiers autoportraits sculptés de l'histoire de l'art : pour se saisir lui-même, l'artiste dut ruser avec les miroirs, et il se représenta la tête tournée de côté, comme s'il évitait le regard du spectateur — un homme surpris dans sa pensée plutôt qu'une effigie figée. Terminant sa carrière au service de la couronne du Danemark, il aurait même travaillé pour l'astronome Tycho Brahe, à l'observatoire d'Uraniborg. On perd sa trace après 1581.

La part d'ombre

Van der Schardt est un Néerlandais qui n'appartient presque pas aux Pays-Bas. Né en Gueldre, formé en Italie, employé à Vienne, à Nuremberg et au Danemark, il fit toute son œuvre à l'étranger, pour des empereurs, des marchands allemands et des rois du Nord : sa patrie ne conserve de lui, pour l'essentiel, que ce visage de terre cuite acquis bien plus tard. Homme de cour dépendant du bon vouloir des puissants, itinérant par nécessité autant que par ambition, il illustre le destin de ces talents des Pays-Bas que l'Europe employa mieux que leur propre pays — et dont la gloire, longtemps, resta accrochée à d'autres noms que le leur. Sa fin même, incertaine, s'efface dans les brumes du Nord.

Anecdote mémorable

Pour sculpter son propre visage, van der Schardt n'avait pas de modèle : il s'observa dans un jeu de miroirs. Le résultat le montre non de face, mais la tête inclinée sur le côté — si bien que son autoportrait semble ne jamais vouloir croiser le regard de celui qui l'admire.

Importance historique

Il n'a presque rien laissé aux Pays-Bas et pourtant il en est l'un des plus grands sculpteurs : un homme du Nord devenu, à force d'Italie et de cours princières, un maître européen du maniérisme. Né vers 1530 à Nimègue, en Gueldre, Johan Gregor van der Schardt fut le sculpteur des bustes de terre cuite peinte si vivants qu'on les croirait respirer.

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