✦ Illustre ✦
Arnold Bronckorst
peintre
Contributions & œuvres
Bronckorst gagne l'Angleterre vers 1560, d'abord attiré, dit-on, par des affaires de mines d'or plus que par la peinture. Il s'y impose pourtant comme portraitiste, puis passe en Écosse, où il devient en 1580 le peintre attitré de la cour : il fixe les traits du jeune Jacques VI et de son entourage. On lui doit aussi des portraits de la haute noblesse anglaise. La France conserve à Tours son « Portrait de William Cecil, lord Burghley » — le grand ministre d'Élisabeth Iᵉʳ, l'homme qui gouverna l'Angleterre dans l'ombre de la reine. Effigie grave et pénétrante d'un des plus puissants hommes d'État de son siècle, par un pinceau flamand au service des cours du Nord.
Anecdote mémorable
On raconte que Bronckorst passa d'abord la Manche moins pour peindre que pour chercher de l'or, associé à un chercheur de mines : la peinture ne fut, un temps, que son gagne-pain de secours. C'est pourtant elle qui a retenu son nom — et le visage du plus fin ministre de la reine Élisabeth.
Influences reçues
L'art flamand du portrait, précis et sobre ; les nécessités du portrait de cour britannique, plus retenu que fastueux.
Influences exercées
Il contribue à implanter dans les îles Britanniques le portrait de cour à la flamande, avant la génération de Gheeraerts et de Mytens.
Importance historique
Arnold Bronckorst est de ces peintres flamands qui, au XVIᵉ siècle, portèrent leur art par toute l'Europe. Venu des Pays-Bas, il fit carrière dans les îles Britanniques, où la peinture locale, plus pauvre, accueillait volontiers les talents du continent. Il y devint portraitiste des grands, puis premier peintre du jeune roi Jacques VI d'Écosse — le futur Jacques Iᵉʳ d'Angleterre. Son œuvre, fine et sobre, fixe les visages d'une Angleterre élisabéthaine et d'une Écosse en pleine tourmente ; elle dit combien la Renaissance fut aussi une circulation d'artistes, du Sud vers le Nord et du continent vers les îles.

