Sur les pas de Albrecht Dürer — ses œuvres & ses lieux sur la carte →
« « Car en vérité l'art est enfoui dans la nature ; celui qui peut l'en extraire, celui-là le possède. » »
Contributions & œuvres
Fils d'orfèvre, Albrecht Dürer naît à Nuremberg le 21 mai 1471 et apprend d'abord le burin dans l'atelier paternel, avant de se former au dessin et à la gravure sur bois. Très tôt, il décide que l'art du Nord ne resterait pas à la traîne de l'Italie : il franchira les Alpes pour aller voir, comparer, s'approprier.
L'audace d'un homme qui se regarde
Dürer ose ce que presque personne n'avait osé avant lui : faire de son propre visage un sujet d'art. Dès 1493, il se peint ; en 1500, il se représente de face, cheveux longs, dans une frontalité jusque-là réservée au Christ. Ce n'est pas seulement de l'orgueil, c'est une affirmation : l'artiste est un créateur, non un simple artisan. Il signe ses œuvres d'un monogramme — un A coiffant un D — comme on appose une marque de fabrique, et défend ce monogramme en justice contre les copistes. Il revendique, pour la première fois au nord des Alpes, la propriété intellectuelle de l'image.
Son génie éclate surtout dans la gravure, qu'il porte à un degré d'ambition inédit. Avec la Melencolia I(1514),Saint Jérôme dans sa celluleouLe Chevalier, la Mort et le Diable, il fait de l'estampe un support de pensée philosophique, dense, chiffrée. La gravure, multipliable et transportable, devient le véhicule de sa renommée : sa réputation traverse l'Europe sans qu'il ait à quitter son atelier.
Ses deux voyages en Italie (1494-1495, puis 1505-1507) nourrissent cette ambition. Il y découvre Mantegna, la musculature savante, la perspective, le prestige social dont jouissent les peintres de Venise. Il rentre convaincu que la mesure, la proportion et la géométrie fondent le beau, et consacrera ses dernières années à des traités théoriques sur la proportion du corps et la perspective.
La part d'ombre
Cette audace a son revers. Dürer est aussi un homme inquiet, hypocondriaque, hanté par la mélancolie — celle-là même qu'il grave. Ses carnets trahissent une obsession de l'argent et de la reconnaissance, une susceptibilité à vif. En Italie, il note avec amertume qu'à Nuremberg on le traite en parasite quand Venise l'honore. Rallié à la Réforme, il meurt en 1528 partagé entre sa foi nouvelle et son attachement aux commandes impériales de Maximilien Iᵉʳ, qui l'avaient consacré.
Dürer demeure le premier artiste du Nord à avoir pensé son métier comme une science et sa personne comme une œuvre.
Anecdote mémorable
En 1520, lors de son voyage aux Pays-Bas, Dürer entend qu'une baleine s'est échouée en Zélande. Il se précipite pour la dessiner, mais l'animal avait déjà été remporté par la marée. Dans les marais glacés, il contracte une fièvre dont il ne se remettra jamais tout à fait.
Influences reçues
Martin Schongauer et son frère à Colmar ; Andrea Mantegna et les Vénitiens (Giovanni Bellini) ; la théorie italienne de la proportion et de la perspective.
Influences exercées
Hans Baldung Grien, Hans Burgkmair, Lucas Cranach ; des générations de graveurs européens ; l'idée moderne de l'artiste-créateur et de la signature.
Importance historique
Figure majeure de la Renaissance allemande, il a élevé la gravure au rang d'art savant, imposé l'autoportrait comme genre et introduit la théorie italienne de la proportion au nord des Alpes.
Peintures (30)
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Portrait d'Oswolt Krel
1499
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Autoportrait à la fourrure (au manteau)
1500
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Les Quatre Apôtres (Jean & Pierre / Marc & Paul)
1526
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Retable Paumgartner (Nativité, st Georges, st Eustache)
v. 1500
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Lamentation du Christ (Lamentation Glimm)
v. 1500
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Hercule et les oiseaux du lac Stymphale
1500
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Portrait de l'empereur Charlemagne
v. 1511-13
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Portrait de l'empereur Sigismond
v. 1511-13
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Portrait de Hieronymus Holzschuher
1526
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Portrait de Jakob Muffel
1526
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Adoration de la Sainte Trinité (retable Landauer)
1511
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Martyre des dix mille
1508
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La Vierge à la poire (Madone à la poire)
1512
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Portrait de l'empereur Maximilien Iᵉʳ
1519
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Portrait de Johann Kleberger
1526
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Le Lièvre (Jeune lièvre)
1502
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La Grande Touffe d'herbes
1503
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Les Mains en prière
v. 1508
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Aile de rollier (Aile d'un gros-bec / rollier)
1512
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Autoportrait à treize ans
1484
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Melencolia I
1514
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Saint Jérôme dans sa cellule
1514
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Le Chevalier, la Mort et le Diable
1513
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Le Rhinocéros
1515
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Apocalypse (série, p. ex. Les Quatre Cavaliers)
1498
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Autoportrait (aux gants)
1498
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Adam et Ève
1507
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Le Christ parmi les docteurs
1506
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Adoration des Mages
1504
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Portrait du père de l'artiste (The Painter's Father)
1497
