Devant l'œuvre
Ces fragments de vitraux de la Sainte-Chapelle de Bourges sont les derniers témoins d'un ensemble qui fut probablement l'un des plus beaux de la France médiévale. Jean de Berry — qui possédait aussi la Sainte-Chapelle de Paris, la Sainte-Chapelle de Riom et d'autres chapelles royales — fit créer pour la Sainte-Chapelle de Bourges un programme iconographique en vitraux qui illustrait les heures canoniales et les fêtes liturgiques. La destruction de 1756 ne laissa que ces fragments — qui disent la qualité du travail perdu.
Symbolisme & lecture iconographique
Le vitrail médiéval dit la lumière divine — la lumière naturelle transformée en couleur sacrée dans l'espace de l'église. La théologie de la lumière d'Abbot Suger (concepteur de Saint-Denis, le premier édifice gothique) fait de la lumière colorée des vitraux une métaphore de la présence divine.
Analyse des émotions
Les fragments de vitraux médiévaux disent la beauté de la lumière colorée que nous ne pouvons plus voir dans l'espace pour lequel ils furent créés. Ces morceaux de verre bleu et rouge disent ce que fut la Sainte-Chapelle de Bourges dans sa plénitude lumineuse.
Secrets & mystères
La cathédrale Saint-Étienne de Bourges — qui se trouve à quelques mètres du musée — possède encore ses vitraux médiévaux : l'un des ensembles les plus complets de France, des XIIe au XVIe siècles, classés au patrimoine mondial UNESCO. Ces vitraux de la cathédrale disent ce que les vitraux de la Sainte-Chapelle de Bourges auraient pu dire s'ils avaient survécu. La cathédrale est la consolation de la perte de la chapelle.
Le saviez-vous ?
La cathédrale Saint-Étienne de Bourges, construite entre 1195 et 1325, est l'un des chef-d'œuvres de l'architecture gothique française — et l'un des rares qui ne soit pas inscrit à l'UNESCO sous le même classement que Chartres, Paris ou Reims (elle a son classement propre). Ses cinq portails, son tympan de jugement dernier et ses vitraux en font une étape obligatoire pour qui visite Bourges.

